Notre série sur le logement étudiant (article 5/5) - Du rab chez papa et maman
Écrit par la rédac' Mardi, 01 Mars 2011 12:57
“Et l'année prochaine, tu vis où, toi ?”Question classique, surtout chez les Terminales, mais pas seulement : un changement de fac, d'école, de formation nécessite parfois un changement de ville et donc une remise en question de votre organisation de vie. Quatre grandes options : la résidence universitaire/l'internat, le petit studio indépendant, la colocation ou quelques années de rab chez papa et maman...
Le film Tanguy, sorti en 2001 et régulièrement resservi par des chaînes en mald'originalité, est devenu une référence sociologique majeure de notre société, jusqu'à en être une expression courante : “Tu ne vas pas faire ton Tanguy ?!”
Certes le film côtoie les extrêmes, puisque Tanguy squatte outrageusement ses parents à 28 ans et que tout le monde n'a pas fait Sciences Po Paris, ni ne prépare une thèse en chinois. Mais malgré tout, il renvoie à un phénomène récent dans les sociétés européennes : le départ de plus en plus tardif des jeunes du cocon familial. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Même si, côté parents, le film donne une réponse très claire (les parents ne supportent plus leur fils pourtant bien-aimé au départ), pas facile d'avoir un avis aussi tranché, surtout côté “jeunes”.
Premier point important : beaucoup d'étudiants n'ont pas le choix, leurs parents, séparés ou non, “recomposés” ou non, n'ayant pas les moyens de leur payer un logement, donc des études loin de la ville d'origine de la famille.
Deuxième point qui relève d'un certain bon sens : les parents ont les moyens, mais préfèrent mettre ce budget “études” dans des séjours linguistiques à l'étranger, des frais de scolarité, du matériel digne de ce nom (livres, ordinateur...) ou toute autre dépense qui peut contribuer à l'épanouissement et/ou à la réussite des études de leur enfant.
Vaste débat sans doute, mais voyons voir au quotidien ce que ce prolongement de l'enfance et de l'adolescence peut avoir comme bons et mauvais côtés. Allez, commençons par les inconvénients : même si vous avez décroché les posters de moto, de chevaux ou de Tokyo Hotel depuis longtemps des murs de votre
chambre, ce sont bien les mêmes murs qu'avant qui vous regardent étudier et vous avez parfois l'étrange sensation de devoir aller vous regarder dans la glace pour vous rappeler que vous n'avez plus 13 ans, mais 19 ou 20 !
Alors que vous êtes en pleine inspiration au beau milieu d'un gros boulot à rendre, un cri lointain vous rappelle qu'il faut passer à table, ce qui est indéniablement un signe que votre liberté d'adulte n'a pas encore atteint son apogée et que l'heure des repas n'appartient pas encore à votre libre arbitre, mais au bon vouloir de la personne de la famille préposée à faire bouillir la marmite.
Soyons fou, un petit dernier pour le plaisir : alors que vos potes passent vous chercher pour une petite soirée sympa, au moment où vous criez au revoir à votre petite maman du seuil de la porte, l'écho vous renvoie un tueur “Tu rentres pas trop tard ma chérie, hein ?!” Aucun doute : quand vous voyez le petit sourire de vos amis, ça casse.
Côté avantages : le confort. Car même si la plupart des “adulescents” qui vivent encore chez les parents déclarent s'impliquer davantage dans les tâches ménagères (ce qui n'est pas le cas du Tanguy du film pré-cité), il faut bien reconnaître qu'inévitablement, par habitude depuis 20 ans, vos parents vont un minimum continuer à vous chouchouter.
Petits plats, table débarrassée, linge récolté, lavé, étendu, repassé, plié, rangé, courses faites, factures réglées, tâches administratives (hein ? quoi ?) gérées, ménage fait... Les petites choses chronophages du quotidien passent souvent inaperçues aux yeux de ceux qui font quelques années supp à la maison.
La déconvenue le jour où vous partez et découvrez les joies de la vie en appart n'en est que plus forte : la vie d'adulte vous accueille alors brutalement avec son slogan sans appel, “La liberté a un prix.” Vous nous direz : c'est toujours quelques années de gagnées. Certes, alors un conseil : pour mieux vous préparer à la suite, imposez à vos parents une vraie participation active à la vie du foyer.










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