Parler pour dire quoi ?!
Écrit par la rédac' Mardi, 25 Mai 2010 08:56
“Péter de la boue” disent les Québecois, toujours au top lorsqu'il s'agit de trouver des métaphores très claires... Cela correspond à notre sobre “parler pour ne rien dire”. Tous les jours, la plupart d'entre nous font sortir de leur bouche des milliers de mots. Communiquer, c'est évidemment l'une des bases des relations humaines, mais jusqu'où doit-on aller ?Vous avez tous vécu ça, soit comme victime, soit comme “agresseur verbal” : un moment où vous rêvez d'un peu de calme et de silence, ou alors de petite discussion décousue tranquille et où quelqu'un a décidé de faire le “moulin à paroles” et enchaîne les anecdotes inintéressantes les unes après les autres, sans la moindre seconde de répit...
Le problème est bien sûr très subjectif car, après tout, qu'est-ce qu'une “anecdote inintéressante” ? Tout dépend souvent du moment, de la durée, des mots employés pour la restituer, du ton, du rythme et de l'auditoire visé. Il est courant de raconter un truc qu'on pense sympa à quelques personnes, de les faire rire ou de les intéresser, puis de raconter exactetement la même chose quelques heures ou quelques jours plus tard à d'autres, et de faire un flop total.
Avec les gens proches, avec qui l'on partage souvent plusieurs heures par jour, le problème est différent. Faut-il sans cesse remplir ce “vide inquiétant” que constitue le silence pour beaucoup ? Certaines familles le font en mettant la télé en permanence, la radio ou de la musique assez fort, d'autres parlent sans cesse, d'autres font les deux... Pourquoi parle-t-on ? Et surtout “de quoi” parle-t-on ? Si on prend juste par exemple une conversation basique de petit déjeuner en famille, on peut commencer par une anecdote sur la nuit qu'on vient de passer, éventuellement un rêve, puis on enchaîne sur des considérations matérielles (“elle est trop bonne cette confiture”) et sur le programme de la journée (“aujourd'hui j'ai un contrôle de maths”).
Quoi de plus normal et convivial ? C'est vrai qu'une table de petit déjeuner où chacun dévisage sa tartine et son bol de lait dans un silence de mort, c'est un peu moyen... Quoi que ? Doit-on absolument tartiner de mots chaque instant passé “en communauté” sous peine de passer pour un ours ? Ne pas se parler, serait-ce d'une certaine manière nier l'autre et ne pas vraiment “être ensemble” ? Pas sûr.
Autant de questions qu'on ne se pose souvent pas lorsque l'on est dans un lieu public, entouré de gens qu'on ne connaît pas : une rue, un magasin, un café, un train, un bus, une salle d'attente. La plupart du temps dans ces situations de vie en société, le silence règne en maître absolu et les gens ne parlent qu'avec ceux qui les accompagnent, surtout pas aux inconnus qui sont à 30cm de l'autre côté.
Parfois heureusement, la parole se libère et des inconnus se parlent, simplement, même pour pas dire grand-chose, quelques secondes et puis hop, chacun retourne
dans sa “bulle”. Il arrive aussi qu'une personne à qui vous adressez la parole pour faire une remarque (et non pour demander quelque chose, ce qui passe généralement à peu près) ou de l'humour, se sente agressée et vous réponde d'un ton glacial, voire pas du tout !
Chez les bavards de nature, savoir écouter est sans doute encore plus dur que réussir à parler moins. Chez les timides, c'est l'inverse : moins ils en disent, mieux ils se portent, alors ils écoutent les autres parler à leur place. Ou pas. Parler pour ne rien dire est pour des milliers de personne un truc presque aussi vital que respirer, tant pis pour les pauvres qui se trouvent à côté (amis, famille, voisins...)
Il existe un truc pas mal pour “vider” ce trop-plein de paroles futiles : parler tout seul. Même si c'est encore vu par beaucoup comme un truc zarbi, il paraît que c'est excellent - vital même, selon certains - pour son équilibre et son bien-être mental. Et sans doute un excellent remède contre les maux de tête de ses proches !











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