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Campagne électorale : des visages et des mots

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Que faisiez-vous il y a cinq ans ? Si on regarde l'âge moyen de nos lecteurs, on pourrait répondre, pour faire court : collégien. Et sans doute encore un peu à l'ouest côté conscience politique ! Aujourd'hui, c'est différent : la plupart d'entre vous vont voter, certains pour la toute première fois et les autres vont forcément s'intéresser davantage à cette élection qu'il y a cinq ans. Comment choisir son candidat ?!

 

La présidentielle est considérée dans notre système politique comme la reine des élections, celle qui intéresse le plus de monde et qui fait parler le plus. Normal, me diriez-vous, le pouvoir du président de la république, en France, est très étendu. Et puis, il s'agit d'élire la personne qui va, pendant cinq ans, nous représenter et faire partie de notre paysage quotidien et, que nous le voulions on non, de notre intimité.

 

Une personne, c'est avant tout un visage. Alors, ils vont commencer à fleurir sur les murs, de manière officielle (sur les panneaux électoraux, quelques semaines avant le scrutin), puis de manière totalement anarchiques : sur les piles des ponts, les poteaux électriques, les abribus, les murs de bâtiments plus ou moins délabrés, etc.

 

Cette petite vingtaine de visages vont nous regarder droit dans les yeux pendant quelques mois. Nous regarder dans les yeux pour nous convaincre : pas pour nous dire «regardez-moi, je suis le plus beau/la plus belle !», mais juste pour nous dire «votez pour moi, je suis l'homme/la femme qu'il faut pour gouverner la France !»

 

Evidemment, on ne vote pas pour une personne, mais pour ses compétences et ses idées ! Mais ça, c'est la théorie. La pratique est tout autre : qu'on le veuille ou non, que ce soit inconscient ou assumé, le physique, le charme, la coiffure, le regard, le sourire... contribuent immanquablement au vote d'un certain nombre d'électeurs, voire de beaucoup plus qu'on peut l'imaginer.

 

Tout est d'ailleurs mûrement travaillé par des conseillers en communication dont la plupart des candidats sont entourés en permanence, et d'autant plus avant une élection importante. Certains font appel à des publicitaires, à des experts en marketing politique, à des coachs, des metteurs en scène et/ou à de grands photographes.

 

Rien n'est laissé au hasard dans l'image qui va être tirée à des millions d'exemplaires sur différents supports (affiches, autocollants, flyers, professions de foi, emailing...). Les couleurs, les vêtements, la posture, le regard, le sourire (avec les dents ? sans les dents ? that is the question!), le fond.

 

Deuxième rendez-vous sur nos murs et un peu partout : les mots. Les slogans vont mûrir, sortir et rester définitivement pour certains, être affinés voire éliminés en cours de route pour d'autres. De très nombreux supports se contenteront d'ailleurs de ça : le nom du candidat et/ou du parti et un slogan.

 

On parle un peu vite de «guerre des mots», ce qui est très négatif et devrait d'abord concerner les débats et les critiques par presse ou meetings interposés. Pour les slogans, c'est avant tout la fête des mots : les communicants des candidats rivalisent d'imagination pour trouver la combinaison de mots qui résumera au mieux les idées de leur poulain, mais aussi les attentes des Français.

 

Véritable casse-tête linguistique, cette course passionnante va nous occuper un certain temps. Evidemment pour nous électeurs, il va falloir apprendre à aller bien au-delà car un slogan ne fait pas un programme. Il va falloir écouter des débats, lire en détail toutes les professions de foi, se disputer avec ses amis au cours de longues soirées de discussion, peser le pour et le contre, peut-être changer dix fois d'avis en cours de route avant le jour J...

 

En fait, choisir pour qui l'on va voter, si on veut le faire correctement, c'est un sacré boulot !

 

Enfin, cette année, avec l'explosion des réseaux sociaux en cinq ans, il va être passionnant de voir comment chaque candidat va utiliser Twitter et Facebook (la plupart pour la première fois) pendant cette campagne.

 

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