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Harcèlement sexuel : ça veut dire quoi ?

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Mains d'un homme faisant un massage des épaules d'une jeune femme assise devant un bureauL'expression est partout depuis quelques années, souvent non-dite quand elle devrait l'être, parfois utilisée abusivement par des personnes mal intentionnées. Mais que renferme-t-elle vraiment ? Légalement d'abord, mais aussi socialement et personnellement, nous avons tenté de définir la chose le plus simplement possible.

 

Tout d'abord nous nous sommes penchés de près sur les deux termes qui composent cette expression. Qui dit «harcèlement» dit «répétition» de quelque chose. En gros, faire une fois allusion à la poitrine d'une copine de classe c'est déjà limite, deux ou trois fois c'est bien lourd et la troisième fois, ça s'appelle du harcèlement. Il peut être «moral», dès lors qu'il ne se rapporte pas au sexe, comme par exemple se moquer dix fois par jour de quelqu'un qui est en surpoids.

 

Ensuite, vient le mot «sexuel». Même si de prime abord il peut paraître limpide, il peut être ambigu. En effet, beaucoup de personnes font l'amalgame entre agression sexuelle et harcèlement sexuel, justement en raison de l'emploi du même mot dans les deux expressions. Or il se trouve que dans celles-ci, ce qui est défini comme «sexuel» peut concerner d'autres parties du corps !

 

Par exemple, un garçon qui pose sa main sur les épaules d'une fille, non pas spontanément comme ça peut arriver (on reviendra plus bas sur la paranoïa engendrée par ce nouveau phénomène), mais de manière lourde, insistante, calculée et répétée, peut s'apparenter à du harcèlement sexuel. Idem pour une main sur le bras ou dans les cheveux.

 

Il est difficile de déterminer les frontières de l'intimité. Car si on considère que toucher le corps d'autrui sans son accord préalable est une forme de harcèlement sexuel, la vie en société va devenir intenable. C'est là que réside toute la subtilité de la chose : toucher le corps d'autrui, oui, mais pas de n'importe qui dans n'importe quelle condition et surtout, pas de manière... répétée, ce qui nous renvoie au mot analysé au départ, «harcèlement». Vous nous suivez ?!

 

Mathématiquement, ça peut donner ça : une main dans les cheveux, prise individuellement, ce n'est pas passible de prison, mais une quinzaine non souhaitées, si !

 

Quant aux allusions, blagues, jeux de mots orientés vers «la chose», c'est la même histoire : c'est la répétition qui met la personne en face mal à l'aise. Une sociologue déclarait récemment qu'à partir du moment où vous vous sentez mal à l'aise de manière répétée avec quelqu'un et que ce malaise était lié à des mots ou à des attouchements même d'apparence anodine, vous pouvez être considéré comme harcelé(e).

 

N'est-ce pas un peu dangereux ? Pour les personnes saines d'esprit et honnêtes, non, car elles sauront discerner ce qui relève du harcèlement ou pas. Pour les personnes un peu tordues et/ou voulant se venger de quelqu'un, le moindre écart sera l'occasion de mettre du soi-disant «harcèlement sexuel» sur le tapis. Et ceci peut aller très loin, puisqu'il s'agit d'un délit, puni par la loi.

 

Beaucoup de juges s'arrachent régulièrement les cheveux pour savoir, dans certains cas ambigus, si la frontière a été franchie ou si la victime présumée ne veut pas régler des comptes personnels.

 

On parle très souvent de harcèlement sexuel au travail, dans le cadre d'une relation de hiérarchie entre deux personnes : en gros, le schéma classique est un supérieur qui profite de son statut pour «obtenir les faveurs sexuelles» d'un employé qui se trouve plus ou moins directement sous ses ordres.

 

Pourtant, ce phénomène (pas nouveau, mais assez nouvellement qualifié et montré du doigt) dépasse de loin cette définition et peut se trouver entre deux amis, deux voisins, deux membres d'une même association ou deux camarades de classe, mais toujours avec un trait commun : le fait que l'agresseur a une sorte de «pouvoir» ou de moyen de pression sur sa victime.

 

La lourdeur répétée de blagues graveleuses et d'allusions limites à l'encontre d'une personne qui a plus ou moins fait comprendre à l'autre qu'elle ou il n'avait aucune envie de sortir ou de coucher avec, est donc passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.

 

De quoi refroidir beaucoup de «relous» et nous rendre la vie de tous les jours beaucoup plus agréable et légère.

 

Approfondir

> Article du code du travail :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=FA0353993A6439DEE11DD3E80B229AAB.tpdjo14v_1?idSectionTA=LEGISCTA000006177846&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20111219

 

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