Le gardien de but : seul au monde
Écrit par la rédac' Mardi, 29 Juin 2010 11:31
On l'a vu récemment avec le gardien anglais Robert Green : une erreur de gardien qui coûte un but à une équipe est toujours considérée comme un crime, qui signe souvent la fin de la carrière au top niveau du fautif. Le gardien de but, dans le football, est vraiment une bête à part.Un défenseur ou un milieu de terrain qui laisse passer une balle facile sera certes montré du doigt si cela se termine en but pour l'équipe adverse, mais jamais autant que le gardien qui laisse échapper un ballon tout mou de ses gros gants. En effet, le gardien a ceci de particulier qu'il est le dernier rempart avant le but... Peu importe ce qui s'est passé juste avant, on ne retiendra que le geste et l'éventuelle erreur finale.
Qu'y a-t-il de pire qu'un gardien qui prend un but bêtement ? Peut-être un joueur qui marque contre son camp. Et encore, pas sûr : on trouve souvent à celui-ci des
circonstances atténuantes, du style “il a voulu dégager en corner” ou “il a voulu faire une passe à son gardien, mais il a tiré un peu fort...” Alors qu'au gardien qui a les mains un peu glissantes, on ne laisse souvent rien passer.
D'autres éléments entrent aussi en ligne de compte, comme l'enjeu du match par exemple, et le résultat final de celui-ci. Il est évident que si l'équipe joue un match amical et qu'elle finit par l'emporter 4 à 1, la faute du gardien ne sera pas vue pareille que si elle a entraîné une élimination en phase finale.
Certes ce n'était pas un gardien, mais un exemple tristement célèbre en 1994 illustre cette folie impitoyable : le défenseur colombien Escobar, 50 sélections en équipe nationale, marque contre son camp face aux Etats-Unis, privant son équipe d'une place en huitièmes de finale. Quelques jours plus tard, de retour au pays, il est assassiné !
Robert Green ne finira sans doute pas comme ça, d'autant plus que l'Angleterre a passé le premier tour, mais souvent un gardien qui commet une erreur dans un grand match international comme ça ne s'en remet pas facilement. Pourtant, beaucoup de spécialistes s'accordent à dire que même les plus grands gardiens de l'histoire du football ont commis au moins une fois une erreur “bête” qui a eu une incidence plus ou moins importante sur leur équipe.
Au-delà du jeu “normal”, il est aussi très important de parler de ces séances de torture sans doute inventées par des gens très pervers et qu'on appelle “séances des tirs au but” qui consistent à départager deux équipes dans un match à élimination directe, si le score reste nul après les prolongations...
L'angoisse du gardien de but au moment du pénalty... Toute une histoire (il y a d'ailleurs un roman qui s'appelle comme ça). Le combat est inégal, presque perdu d'avance, puisque les statistiques montrent que les chances du gardien d'arrêter un tir au but ou un pénalty sont très nettement inférieures à celles du tireur de marquer.
C'est donc forcément un intense moment de pression et de solitude résignée, ces quelques secondes où tout le monde retient son souffle, entre le moment où le tireur
place son ballon et celui où il se décide enfin à prendre son élan, puis à taper dans le ballon. Un avantage quand même : un gardien qui arrête un pénalty devient un véritable héros. En quelques secondes...











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