Téléphone moi, ah, ah, appelle-moi, dis-moi que tu mʼaimeuh !
Écrit par la rédac' Lundi, 23 Novembre 2009 12:11
Malheureusement, quand vous tombez sur une plateforme téléphonique, lʼhumour et les chansons sont rarement au rendez-vous. Voix de robot, textes récités par cœur par des êtres humains (?) au bord de lʼimplosion, musiques dʼattentes interminables, formules toutes faites, politesse surjouée... Lʼesclavage moderne bat son plein et en plus, il lui arrive de détruire aussi ceux qui pensaient avoir réussi à y échapper. Si ce sujet vous intéresse, tapez étoile !
Cʼest un des éléments de notre environnement quotidien, et encore plus de celui de nos parents puisque, heureusement pour nous apprentis et lycéens (à part les étudiants qui ont un appartement et donc des choses administratives à gérer), nous échappons un peu à ce fléau de notre jolie société de consommation.
Il convient de distinguer deux catégories dans ces désagréments de plus en plus présents dans nos vies : ceux dont nous avons besoin, et ceux dont nous nʼavons pas besoin.
Cette dernière catégorie regroupe lʼensemble des sociétés commerciales proposant des produits ou des services et qui ont la bonne idée dʼacheter des fichiers de clients potentiels à dʼautres sociétés qui ont lʼexcellente idée de vendre lesdits fichiers (cʼest-à- dire ni plus ni moins de vendre les gens, en quelque sorte).
Nous sommes mardi soir, après votre journée de bahut vous retrouvez votre sœur, vos parents, qui ont eux terminé leur journée de boulot. Vous préparez le repas, vous vous posez enfin tranquille en famille vers 20h devant votre assiette et là, bingo : le téléphone sonne. Cʼest vous qui êtes missionné pour répondre et là une voix de robot écorche votre nom de famille, en demandant à parler à “monsieur” ou “madame”.
De bonne humeur malgré le dérangement, vous dites que cʼest bien vous pour éviter à lʼun de vos parents de se lever de table à son tour et là cʼest lʼenfer qui commence : un texte ultra prévisible lu à un rythme infernal avec des intonations dignes dʼune pièce de Molière massacrée par le club de théâtre amateur du coin. Vous essayez dʼen placer une, de dire que vous nʼêtes pas intéressé, peine perdue : le parasite sʼaccroche et use de la réplique numéro 34 qui vous fait vaciller dans vos certitudes !
Chaque jour en France, des centaines de milliers dʼappels de ce genre sont passés, dérangeant des centaines de milliers de familles, abrutissant au passage les auteurs des coups de fil en question, payés au Smic pour répéter la même chose (à la virgule près, sous peine de sanction parfois) jusquʼà 300 fois dans la même journée, 5 jours par semaine et plus de vingt jours par mois.
Lʼautre catégorie, ce sont les hotlines ou services commerciaux (ou “techniques”) de grandes marques dont vous avez besoin parce que votre connection internet ne marche plus ou parce que votre dossier de ceci ou de cela nʼest pas complet, ou encore parce que vous avez reçu une facture de gaz de 230 euros alors que dʼhabitude vous ne payez que 90 euros.
Là aussi la méthode est souvent la même, sauf que vous êtes totalement pris au piège : contrairement à la première catégorie, vous ne pouvez pas raccrocher au boutde 20 secondes en disant “ça ne mʼintéresse pas, vous mʼennuyez !”, tout simplement parce que vous avez besoin de votre interlocuteur pour régler un problème...
Même robotisation, même inhumanité, mais avec un effet pervers supplémentaire : les messages et musiques dʼattente, les “il faudrait appeler un autre service, je ne peux rien faire pour vous !” et cette horrible impossibilité dʼavoir deux fois de suite la même personne, puisque la plateforme que vous appelez emploie 7 680 personnes réparties dans 8 pays du monde qui font un coup de la hotline pour la société Machin et deux semaines après pour la société Bidule.
On ne peut souhaiter quʼune seule chose et peut-être quʼen luttant férocement contre dans les années à venir, on y arrivera : quʼon cesse enfin de vouloir nous vendre à tout prix des choses dont on ne veut pas et quʼon respecte le consommateur dʼun produit ou lʼusager dʼun service lorsquʼil doit faire face à un problème. Enfin, quʼon arrête de faire travailler les êtres humains comme des machines.
Tout le monde sʼen portera bien mieux...











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