Emag: graff passion

Ce mois ci avec l'emag nous nous promenons dans les couleurs pour décoder les us et coutumes du monde du graff et des graffeurs !

Transcription textuelle de la vidéo

Approfondir :

Bonus, les photos de la pièce !

crédit photo : Émeline Levallet

Petit lexique du monde du graff

Le site des Grabouilleurs (nouvelle fenêtre)

Un article du journal Le Monde à propos de St. Pierre des Corps, du mur et des Grabouilleurs (avant le toyage ...) (nouvelle fenêtre)

Un web-documentaire pour continuer le voyage (nouvelle fenêtre)

Banksy, un artiste anglais à découvrir (nouvelle fenêtre)

Un mur ... pas comme les autres (nouvelle fenêtre)

Transcription textuelle de la vidéo

Journaliste

Ce mois-ci avec l'Emag, nous nous promenons dans les couleurs. On commence par ce mur, 350 mètres sur 3 pour 1000 mètres carrés de graffitis.

El Nino - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

Ce mur, ça fait maintenant, je ne sais pas moi, une vingtaine d'années qu'il existe. Eh ben, c'est des gens de la région principalement, c'est sûr. Puis par exemple, ces personnages, moi je les ai croisés quand ils avaient... le jour où ils ont commencé, c'était des Hollandais en fait qui sont descendus, qui connaissaient les graffeurs du coin. Ils se sont dit, tiens, on va faire une pièce sur un mur local.

Journaliste

Origines et styles différents se côtoient sur ces murs abandonnés par le chemin de fer mais pas par la créativité.

El Nino - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

Donc là, sur quelques murs en fait, on se rend compte qu'il y a un peu 3 styles différents. Tu as du wild style, donc un lettrage qui est très fouillé, qui part un peu dans tous les sens, qui n'est pas forcément très lisible, c'est assez typique. Là, on va avoir du perso, donc vraiment avec un petit lettrage et en second plan. Ce qui est important, c'est vraiment les couleurs, le rendu des personnages. Puis à côté, on se rend compte qu'il y a plus du block letter, donc des gros blocs. C'est des lettrages très blocs d'où le nom de block letter. Là sur quelques mètres, on a trois styles différents.

Journaliste

Ces trois styles à eux seuls ne résument pas toute la diversité de l'art urbain. Mais ces murs nous disent beaucoup sur les techniques et les us et coutumes du monde du graff et des graffeurs.

El Nino - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

Là, le mur il est quand même assez grand, il y a toujours de la place. On va dire que quand on fait une pièce, on recouvre les plus vieux. On va dire pour que en fait, voilà, s'il y a une pièce qui a été faite il y a deux semaines, on ne va pas s'amuser à la recouvrir, nous, deux ou trois semaines après parce qu'on va la laisser tourner même si on n'apprécie pas. Par exemple, il y a des graffs plus loin, où le style il ne nous cause pas et on n'est pas forcément... Voilà, ça ne nous cause pas. Mais on ne va pas la recouvrir parce qu'elle est récente.

Cami - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

C'est comme un devoir qu'on va faire à l'école. On va essayer d'être plus performant que nos voisins quoi, qu'on va peut-être lui copier un petit peu dessus pour un examen. On va essayer de zieuter sur sa copie, mais en même temps, on va toujours essayer d'être meilleur que son voisin quoi. Et le graffiti, oui, c'est un peu un jeu, c'est un challenge en fin de compte entre nous.

Journaliste

Ce jeu a son langage, ses règles et ses règlements de compte. Et une oeuvre de grabouilleurs a été récemment toyée.

Cami - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

Le toyage, comme on peut le voir ici, c'est des gros coups de rouleau d'une couleur très sombre pour détériorer volontairement une pièce sans forcément rechercher à faire quelque chose de mieux. C'est de la dégradation volontaire, c'est une expression agressive. Mais quelque part nous, ça ne nous touche pas plus que ça, parce que la pièce dans deux mois, on va la voir recouverte. Puis, si ça recommence, ben tant pis, on recouvrira et puis advienne que pourra, on s'en fout. Comme tu as pu le dire tout à l'heure, les pièces sont éphémères, le graffiti est éphémère, les murs appartiennent à personne, les bombes de peinture, tout le monde peut s'en acheter.

Journaliste

Son caractère éphémère peut être dompté si les murs en question ne sont pas dans la rue. Aujourd'hui, le collectif nous ouvre les portes de son atelier pour montrer ce qu'ils peuvent faire quand ils travaillent ensemble.

Topaz - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

On voulait partir pour faire une seule composition, et à trois, chacun participait selon ce qu'il sait faire pour procéder ensemble à une seule oeuvre commune. Donc, on est parti sur les dragons comme ça au niveau mythologie, niveau ambiance, décor, etc. C'est assez riche pour nous pour que chacun puisse apporter ses idées. Après, les collègues ont tapé l'esquisse, c'est-à-dire le dessin préparatoire avec un contour simple. Et après, on part souvent du plus lointain au plus proche, du plus foncé au plus clair et puis on remplit petit à petit, avec vraiment un peu d'improvisation où chacun, selon l'ambiance, selon ce qu'il sait faire, ce qu'il a envie de faire, ce qu'il a envie d'essayer arrive sur le mur, intervient, complète les autres, reprend des fois, discute, re-questionne, etc. Puis c'est là vraiment on est au coeur de la création parce qu'on est obligé d'attaquer son travail à ce que fait directement les autres, et ça c'est une autre façon.

Journaliste

Les oeuvres à trois mains sont peu fréquentes dans nos villes. La création est un acte plus souvent solitaire et rapide. Mais elle aura toujours son blase, la signature.

El Nino - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

Souvent, les personnes ont plusieurs blases. Ils ont un blase pour faire de l'illégal, donc c'est sur des murs qui ne sont pas autorisés. Et un blase plus officiel qu'ils vont utiliser sur des commandes, sur des murs soit autorisés, soit tolérés. Voilà, il y a l'illégal, le toléré et l'officiel.

Journaliste

Ah, ça complique un peu les choses. Mais quel est l'intérêt de l'illégalité ? L'adrénaline ?

El Nino - Membre du collectif artistique « Les Grabouilleurs »

Il y a plusieurs intérêts, il y un intérêt de voir sa signature un peu partout, voir son nom inscrit un peu partout. La règle, cet art est quand même né dans la rue. C'est quand même un marquage de territoire. Du coup, on va dire, il y a une question de renommée. C'est-à-dire que plus le blase est mis partout, plus il envahit l'espace et plus la renommée du graffeur va être importante. L'adrénaline, je ne suis pas un partisan de l'adrénaline. Ce n'est pas quelque chose que j'apprécie forcément. Peindre dans le speed, dans le stress, ce n'est pas forcément quelque chose que moi j'apprécie. Après, il y en a d'autres qui apprécient. Mais moi, ce n'est pas mon kif comme on dit. Ce n'est pas mon kif d'avoir la pression, de taper un truc super vite. Par contre, j'y suis contraint et forcé puisqu'il y a des endroits que j'ai envie de colorer. J'ai envie que les gens, ils passent à cet endroit là, c'est moche, c'est triste, j'ai envie de mettre des couleurs. Donc forcément, je suis obligé de travailler dans la rapidité, dans le speed, voilà. Moi, ce qui m'importe, c'est de m'exprimer dans l'espace public, mettre des couleurs pour colorer les villes, parce que les villes sont tristes et sont mornes en fait.

Journaliste

Ici, nous sommes loin de l'idée des vandales qui salissent les murs. Derrière les blases, les tags, les pièces, il y a une démarche, il y a une étude esthétique, il y a des messages et il y a des règles. Chacun a sa façon et son style, avec plus ou moins de réflexion, avec plus ou moins de couleur dans des villes plus ou moins grises. Et nous, en attendant que les villes deviennent des espaces d'expression libre et colorée, on se donne rendez-vous au prochain sujet.

Lu 3849 fois Dernière modification le mardi 5 février 2013
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