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Des champions qui lassent

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sportAlors qu’en tennis, le géant Federer commence à vaciller, qu’en Formule 1 c’est du grand n’importe quoi et qu’à peu près n’importe qui (ou presque) peut virtuellement devenir champion du monde cette année, en foot, on ne peut pas dire que tout est joué d’avance. Ce qui change de ces 5 ou 6 dernières années, où en février-mars, c’était déjà plié...
A 7 journées de la fin de la saison, 6 ou 7 clubs peuvent encore prétendre devenir champions de France ! Ce n’était pas arrivé depuis longtemps, et même les plus férus de ballon rond, ceux prêts à s’exciter devant un pauvre 0-0 entre deux clubs de National en début de saison, s’en réjouissent.

Il faut dire que depuis quelques années et l’écrasante suprématie lyonnaise, on en avait presque oublié que le suspens, ça existe - aussi - dans le football. Cette année, une grande bouffée d’air et de nouveauté envahit le championnat de Ligue 1 et on va redécouvrir ce qu’est une fin de saison disputée.

Qu’est-ce que le sport si tout est joué d’avance ? Pourtant, on oublie trop vite que contrairement aux apparences rien n’est jamais joué d’avance justement ! Une équipe qui remporte plusieurs fois de suite une compétition n’est même plus regardée comme étant performante. On s’attend tellement à ce qu’elle ne perde pas qu’on ne s’étonne même plus qu’elle gagne. Et on en oublie que c’est un exploit à chaque fois.

Pour en rester au football, on a déjà connu ce phénomène avec par exemple les 7 victoires en 10 ans de Saint-Etienne entre 1967 et 1976, les 4 titres d’affilée de l’OM entre 1989 et 1992 et donc, la suprématie lyonnaise absolue depuis 2001.

Nul doute que l’équipe qui réussira à stopper cette interminable série en empêchant l’OL d’enchaîner un huitième titre, quelle qu’elle soit (OM, Bordeaux, PSG, Toulouse, Lille ou Rennes, faites vos jeux !), sera portée en triomphe, mais que si elle a la mauvaise idée de remporter le championnat 2 ou 3 fois de suite, elle fera bailler la majorité des amateurs de football.

Car on a beau aimer un sport, on a envie d’être surpris, on a envie de nouveauté, de bouleversements, on aime voir un champion toucher le fond puis atteindre des sommets. L’exemple récent le plus frappant est incontestablement le parcours de l’équipe de France dans la coupe du monde 2006.

En 1998, le coeur de millions de Français chavire lorsqu’enfin, notre pays parvient à remporter sa première coupe du monde. En 2000, on en remet une couche direct en enchaînant sur le titre européen. En 2002, fiasco intégral en Corée du Sud et au Japon : les fans d’hier deviennent instantanément les incendieurs du jour, sans pitié.

Mais d’un autre côté, le “titre” de vice-champion du monde en 2006 passe quasiment inaperçu ! Comme si les gens avaient été largement rassasiés avec les titres de 1998 et 2000. On est même depuis deux ans en train de descendre en flamme Raymond Domenech comme si c’était un incapable qui n’avait jamais rien fait. Le pays tout entier semble frappé d’amnésie : Domenech a peut-être commis des erreurs, mais il a été le deuxième entraîneur de l’Histoire à nous conduire en finale d’une coupe du monde !!!

Bref, pour redécouvrir la joie de gagner ET d’être considérés comme des héros, l’équipe de France va devoir décevoir pendant une trentaine d’années et Lyon se faire un peu oublier, quitte à demander carrément à redescendre en Ligue 2, histoire de partir de super bas !

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