Etes-vous atteint par le syndrome de l'enfant roi ?
Écrit par la rédac' Lundi, 01 Décembre 2008 11:53
Tout le monde en parle depuis quelque temps, surtout à l’occasion des “100 ans” de Françoise Dolto. Evidemment, c’est un peu comme pour les accidents de la route : ça n’arrive qu’aux autres. Quelle mère, quel père est prêt aujourd’hui à reconnaître qu’il considère sa progéniture comme la huitième merveille du monde ? Et vous, qui êtes nés en pleine période où cette grave maladie sociale a explosé, vous sentez-vous concernés ?
Françoise Dolto aurait eu 100 ans cette année, mais elle se serait peut-être arraché les cheveux en soufflant ses bougies : ses très nombreux écrits sur la place de l’enfant et de l’adolescent dans le monde des adultes ont semble-t-il été un peu vite résumés et interprétés par une armée de pédagogues, journalistes et psychologues bourrés de bonnes intentions, dopés par l’idéologie dominante qui a suivi Mai 68.En gros : l’enfant est un adulte à part entière qui doit donc, non seulement être écouté, mais aussi pouvoir décider de sa vie, voire de celle de son entourage... sous peine de frustration traumatisante ! Au secours !
Voilà donc des générations de parents qui, pour ne pas culpabiliser ni être montrés du doigt, vont tout faire pour que leur chère progéniture verse le moins de larmes possibles et décide de l’heure du repas de la famile entière, sans même parler du contenu des assiettes et du programme télé.
Aujourd’hui, à une époque où le piédestal de l’adulte semble vaciller dangereusement sous les coups, par exemple, d’un gamin d’à peine 10 ans qui peut se permettre tranquillement de remettre en cause ouvertement ce que dit son grand-père, la boulangère, sa mère, le voisin ou son instituteur ; il est peut-être grand temps de se demander si on n’est pas en train de marcher sur la tête...
Et vous, alors ? Comment vous vivez tout ça “de l’intérieur” ? Bien entendu, vous n’avez pas d’élément de comparaison, mais imaginez juste quelques minutes qu’il y a une trentaine d’années, il n’ y avait quasiment pas de littérature adolescente, pas de magazines pour les jeunes, que vous n’aviez pas le droit de regarder la télé en dehors du mercredi après-midi, de vous servir du téléphone (fixe, bien sûr !) de vos parents pour appeler vos potes, de parler à table, de vous coucher après 20h30...
Respirez... c’était avant. Maintenant, vous êtes contrarié et vous faites la tête et hop! pour ne surtout pas nuire à votre épanouissement, vos parents annulent votre week-end familial à l’Ile de Ré et vous achètent enfin le scooter que vous leur réclamez depuis une éternité (deux mois, l’horreur !) Et puis comme leur voiture est ringarde, ils ne vont pas tarder à la revendre pour acheter un truc plus sympa vis-à-vis de vos potes... Bref, c’est un peu le syndrome “Daddy, je VEUX un écureuil” de Charlie et la Chocolaterie !
Vos parents ne ressemblent pas du tout à ça ? Ouf ! Votre entrée dans la vie d’adulte en sera sûrement moins difficile. Même qu’un jour vous les remercierez sûrement d’être un peu sévères. En effet, que vont devenir tous ces jeunes enfants qui ne supportent même plus qu’un prof leur demande de se taire ou leur mette un 5/20 à un devoir qu’ils ont raté ? Comment vont-ils faire quand leur patron leur fera une réflexion au bout de quelques jours dans une entreprise ? Ou quand leur banquier leur annoncera qu’il ne peut pas accepter leur prêt pour acheter leur maison ? Ou chaque jour où il devront accomplir une tâche ménagère que personne ne pourra faire à leur place ?!
Peut-être comme avant : ils se rouleront par terre en hurlant. Avec une différence de poids : cette fois, personne ne se baissera pour les consoler et accéder à leurs désirs...











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