La liberté de la presse, ça ne se voit pas !
Écrit par la rédac' Lundi, 30 Mars 2009 13:22
C'est un peu comme la liberté en général : on ne se rend compte de son existence et de son importance uniquement le jour où on en est privé. Comme on a la chance de vivre dans une démocratie, une grande partie de la presse française est indépendante. C'est-à-dire qu'elle dit à peu près ce qu'elle veut. A peu près...
Vous pouvez sortir de chez vous, acheter un journal (vous savez ce sympathique petit truc en papier qui n'existera bientot plus si vous ne vous mettez pas d'urgence à en acheter de temps en temps...), l'ouvrir et tomber sur une caricature du Premier Ministre, puis un article enflammé attaquant les récents propos du Pape, puis un dossier sur les abus de pouvoir, un sondage sur la sexualité des Françaises...
Oui, et alors ? Et bien, demandez à un Birman, à un Chinois ou à un Coréen du Nord ce qu'il en pense. Une caricature ? C'est quoi, ça ? La sexualité ? Oui, ça me dit vaguement quelque chose... Le chef de l'état ? Un homme généreux, doux, qui ne fait que du bien pour notre peuple (je le sais, je le lis tous les matins dans le journal.)
La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1789 nous dit dans son Article 11 :
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
Pourtant, cette liberté est souvent menacée dans nos démocraties, notamment parce que le “sauf” est régulièrement mis en avant. Plus prosaïquement, cela se traduit souvent par l'éternelle question “peut-on rire de tout?” Deux exemples récents nous montrent à tous que ce droit fondamental doit être érocement protégé par chaque citoyen et que nous devons tous rester très vigilants pour le défendre.
Tout d'abord, la fameuse affaire des caricatures de Mahomet, publiées par un journal danois en septembre 2005, puis relayées par l'Express, puis par Charlie Hebdo. Les réactions sont d'une extrême brutalité dans le monde arabo-musulman, certains gouvernements n'hésitant pas à intervenir pour faire pression sur le Danemark. Le summum de la violence sera atteint en juin 2008 avec un attentat contre l'ambassade du Danemark à Islamabad au Pakistan, tuant 6 personnes...
En France, Charlie Hebdo est attaqué en justice pour “injures publiques” envers les musulmans. Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou et la quasi-totalité des responsables politiques soutiennent ouvertement le journal satirique. Qui remporte son procès. Beaucoup de gens ont retenu leur souffle. Le principe de liberté d'expression n'avait sans doute jamais été si fortement menacé depuis la 2nde Guerre Mondiale !
Exemple plus frais : l'humoriste Stéphane Guillon, l'un des rares chroniqueurs réellement corrosifs du paysage médiatique français, dérange beaucoup de monde avec ses quelques minutes matinales parfois très virulentes sur l'antenne de France Inter. Les bruits courent que le président de Radio France risque de ne pas regagner sa place en mai entre autres pour cette raison. L'Elysée a réagi à plusieurs reprises à des propos tenus par l'humoriste. Il y a fort à parier que Stéphane Guillon disparaîtra de la programmation de septembre. En espérant qu'il soit repris ailleurs...
Faut-il s'en émouvoir ? La fragilité de toute forme de liberté fait un peu froid dans le dos.
Oui, et alors ? Et bien, demandez à un Birman, à un Chinois ou à un Coréen du Nord ce qu'il en pense. Une caricature ? C'est quoi, ça ? La sexualité ? Oui, ça me dit vaguement quelque chose... Le chef de l'état ? Un homme généreux, doux, qui ne fait que du bien pour notre peuple (je le sais, je le lis tous les matins dans le journal.)
La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1789 nous dit dans son Article 11 :
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
Pourtant, cette liberté est souvent menacée dans nos démocraties, notamment parce que le “sauf” est régulièrement mis en avant. Plus prosaïquement, cela se traduit souvent par l'éternelle question “peut-on rire de tout?” Deux exemples récents nous montrent à tous que ce droit fondamental doit être érocement protégé par chaque citoyen et que nous devons tous rester très vigilants pour le défendre.
Tout d'abord, la fameuse affaire des caricatures de Mahomet, publiées par un journal danois en septembre 2005, puis relayées par l'Express, puis par Charlie Hebdo. Les réactions sont d'une extrême brutalité dans le monde arabo-musulman, certains gouvernements n'hésitant pas à intervenir pour faire pression sur le Danemark. Le summum de la violence sera atteint en juin 2008 avec un attentat contre l'ambassade du Danemark à Islamabad au Pakistan, tuant 6 personnes...
En France, Charlie Hebdo est attaqué en justice pour “injures publiques” envers les musulmans. Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou et la quasi-totalité des responsables politiques soutiennent ouvertement le journal satirique. Qui remporte son procès. Beaucoup de gens ont retenu leur souffle. Le principe de liberté d'expression n'avait sans doute jamais été si fortement menacé depuis la 2nde Guerre Mondiale !
Exemple plus frais : l'humoriste Stéphane Guillon, l'un des rares chroniqueurs réellement corrosifs du paysage médiatique français, dérange beaucoup de monde avec ses quelques minutes matinales parfois très virulentes sur l'antenne de France Inter. Les bruits courent que le président de Radio France risque de ne pas regagner sa place en mai entre autres pour cette raison. L'Elysée a réagi à plusieurs reprises à des propos tenus par l'humoriste. Il y a fort à parier que Stéphane Guillon disparaîtra de la programmation de septembre. En espérant qu'il soit repris ailleurs...
Faut-il s'en émouvoir ? La fragilité de toute forme de liberté fait un peu froid dans le dos.











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