La peine de mort : un sujet toujours brûlant.
Écrit par la rédac' Mardi, 03 Février 2009 12:59
Même si au cours de l’Histoire, philosophes, juristes, politiques, sociologues, artistes, écrivains ont montré et démontré l’atrocité et l’inhumanité que constitue la peine de mort, et que la plupart des pays du monde l’ont abolie, elle revient régulièrement sur le devant de la scène, à l’occasion de faits divers horribles (comme ce jeune de 20 ans qui a massacré des bébés en Belgique) ou de génocides et répressions dictatoriales sanglantes (Irak, Afrique, Bosnie...) Régulièrement, une partie importante de la population demande le retour de la peine de mort “pour certains cas exceptionnels.”
C’est, à l’origine de la civilisation, déjà un casse-tête : Z a tué le frère de Y, donc Y tue Z, et on est censé en rester là (mais X, le père de Z veut tuer Y...) On appelle ça la loi du Talion (“oeil pour oeil, dent pour dent”) qui ne relève pas du pouvoir judiciaire, mais des individus. Son effet domino très pervers est, en théorie, sans fin et c’est ainsi que de Roméo et Juliette à la mafia russe ou sicilienne, en passant par certains gangs de banlieue, les réglements de compte allers-retours n’en finissent pas.Dans la société légale moderne, les choses sont heureusement prises en main par le pouvoir judiciaire ou la “Justice”, sous couvert de textes officilels, dont le célèbre Code Pénal en France. Depuis le 9 octobre 1981, l’Etat français, représentant indirectement et d’une certaine manière les proches et les familles des victimes, ne tue plus les criminels.
La “vengeance officielle” prend désormais la forme d’un emprisonnement plus ou moins long. Les arguments des abolitionnistes - mot signifiant “anti-peine de mort”-, c’est-à-dire la majorité des grandes nations occidentales (à l’exception notable des Etats-Unis), sont les mêmes depuis l’Antiquité.
On ne doit pas tuer un homme, car justice et vengeance sont deux choses différentes. On ne doit pas tuer un homme parce nous sommes tous égaux et que le droit à la vie est supérieur à tous les autres; parce que punir le meurtre par le meurtre lui-même est illogique et par conséquent contraire à l’idée même de justice; parce qu’un homme peut tuer un jour sur un coup de folie (Platon parle de “maladie de l’âme”), mais être un citoyen exemplaire et respectable le restant de sa vie.
Le “droit à l’erreur” est l’une des bases de l’humanité. Enfin, l’un des autres principaux arguments - vraiment irréfutable, celui-ci ! - est le fait que l’éxécution du coupable ne fera pas revenir la victime à la vie. Au Moyen-âge, la loi salique a instauré une sorte de barème : chaque crime avait un prix, la vie d’un homme, donc, avait un prix. Mais ne méritait pas la mort... Seul un crime contre le Roi était passible de la peine de mort, car c’est bien connu, un roi n’a pas de prix !
Du côté des “pro-peine de mort”, les arguments se tiennent aussi, mais jusqu’à une certaine limite. Le premier d’entre eux est une protection de la société contre les individus dangereux. L’éxécution d’un criminel est non seulement une dissuasion pour tous les criminels potentiels, mais aussi l’élimination de tout risque de récidive pour le criminel concerné.
Par ailleurs, certains avancent qu’être privé de liberté et croupir en prison est encore plus inhumain que mourir. Cet argument peut être utilisé pour OU contre la peine de mort !
Le débat reste surtout ouvert sur deux cas extrêmes : l’erreur judiciaire (si un accusé est tué par erreur, il est trop tard pour revenir en arrière) et la preuve absolu d’un multiple homicide atroce (faut-il des exceptions ?). Mais une chose est sûre : l’abolition de la peine de mort dans un pays n’a jamais entraîné une augmentation des crimes. Donc...











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