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La pluie, le beau temps et les médias

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telecommandeMon dieu, mais comment osent-ils donc ?! Au nom de l’intouchable droit de la presse, des personnes qui se sont récemment permises de laisser entendre que les médias seraient en partie responsables de l’ampleur de la crise économique actuelle ont été accusées, entre autres, de pourfendeurs du droit d’informer.

Il y a effectivement un problème de fond : qui peut relayer un tel débat à part les médias eux-mêmes ? Sont-ils prêts à se remettre en question à ce point-là ?

Il est un paradoxe dont les démocraties semblent souffrir de plus en plus : la liberté d’expression semble s’emparer du pouvoir, aux dépens de ceux qui ont été élus démocratiquement. Les exemples sont nombreux, mais regardons-en un de plus près : la “fabrication” de la grande crise économique actuelle.

De nombreuses voix s’élèvent ici et là, que les grands médias étouffent bien entendu, pour dire que si les grands journaux du monde entier n’avaient pas accéléré leurs ventes fin 2008 à grands coups de titres tapageurs, plus alarmistes les uns que les autres, les (ir)responsables financiers n’auraient peut-être pas paniqué comme ils l’ont fait et nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui...

Certes, beaucoup d’ingrédients étaient réunis pour une grande crise financière, mais de là à insister lourdement des mois à l’avance au point de refroidir les uns après les autres des milliers d’investisseurs du monde entier, il y avait peut-être une attitude plus mesurée à adopter, sans pour autant cacher la vérité au grand public.

Le droit d’informer doit-il nécessairement s’exercer en toutes circonstances ? Un beau sujet de philo, bac ES... 

Les médias ont des droits, mais sans doute aussi des devoirs et on peut légitimement se demander s’il était absolument nécessaire de matraquer pendant des semaines à la terre entière que la crise allait arriver et aller être terrible.

D’une part, l’information n’est pas perçue de la même façon par tout le monde, d’autre part, démultipliée, rabâchée et cautionnée par des centaines “d’experts”, elle peut finir par prendre une dimension quasi-messianique, aux limites de la déontologie journalistique. 

Résultat : même les personnes les plus instruites ont pu se laisser influencer par ce déluge de “futures mauvaises nouvelles” pour finalement les cautionner et les provoquer, en prenant une succession de décisions allant dans le sens d’un repli et contribuant donc à un ralentissement généralisé du système financier et de l’économie.

La responsabilité des médias n’a jamais été autant au coeur du débat démocratique et il est important que chacun reste vigilant : la soupe qu’on nous sert tous les jours n’est qu’une sélection arbitraire de quelques dépêches AFP parmi des milliers d’autres.

Le sommaire d’un JT ou d’un grand quotidien national dépend toujours d’un comité de rédaction qui pense à ce que dit le voisin, à ses ventes et à sa propre ligne éditoriale ; c’est-à-dire que ce que vous voyez et entendez dépend d’un petit groupe de personnes tout à fait subjectives quant à l’importance à accorder à tel ou tel sujet plutôt qu’à tel ou tel autre.... A méditer.

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