La pluie, le beau temps et les médias
Écrit par la rédac'
Mardi, 05 Mai 2009 11:55
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Mon dieu, mais comment osent-ils
donc ?! Au nom de l’intouchable droit de la presse, des personnes qui se sont
récemment permises de laisser entendre que les médias seraient en partie
responsables de l’ampleur de la crise économique actuelle ont été accusées,
entre autres, de pourfendeurs du droit d’informer.
Il y a effectivement un
problème de fond : qui peut relayer un tel débat à part les médias eux-mêmes ?
Sont-ils prêts à se remettre en question à ce point-là ?
Il est un paradoxe dont les
démocraties semblent souffrir de plus en plus : la liberté d’expression semble
s’emparer du pouvoir, aux dépens de ceux qui ont été élus démocratiquement. Les
exemples sont nombreux, mais regardons-en un de plus près : la “fabrication” de
la grande crise économique actuelle.
De nombreuses voix s’élèvent ici et
là, que les grands médias étouffent bien entendu, pour dire que si les grands
journaux du monde entier n’avaient pas accéléré leurs ventes fin 2008 à grands
coups de titres tapageurs, plus alarmistes les uns que les autres, les
(ir)responsables financiers n’auraient peut-être pas paniqué comme ils l’ont
fait et nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui...
Certes, beaucoup d’ingrédients
étaient réunis pour une grande crise financière, mais de là à insister
lourdement des mois à l’avance au point de refroidir les uns après les autres
des milliers d’investisseurs du monde entier, il y avait peut-être une attitude
plus mesurée à adopter, sans pour autant cacher la vérité au grand public.
Le droit d’informer doit-il
nécessairement s’exercer en toutes circonstances ? Un beau sujet de philo, bac
ES...
Les médias ont des droits, mais sans
doute aussi des devoirs et on peut légitimement se demander s’il était
absolument nécessaire de matraquer pendant des semaines à la terre entière que
la crise allait arriver et aller être terrible.
D’une part, l’information n’est pas
perçue de la même façon par tout le monde, d’autre part, démultipliée, rabâchée
et cautionnée par des centaines “d’experts”, elle peut finir par prendre une
dimension quasi-messianique, aux limites de la déontologie
journalistique.
Résultat : même les personnes les
plus instruites ont pu se laisser influencer par ce déluge de “futures
mauvaises nouvelles” pour finalement les cautionner et les provoquer, en
prenant une succession de décisions allant dans le sens d’un repli et
contribuant donc à un ralentissement généralisé du système financier et de
l’économie.
La responsabilité des médias n’a
jamais été autant au coeur du débat démocratique et il est important que chacun
reste vigilant : la soupe qu’on nous sert tous les jours n’est qu’une sélection
arbitraire de quelques dépêches AFP parmi des milliers d’autres.
Le sommaire d’un JT ou d’un grand
quotidien national dépend toujours d’un comité de rédaction qui pense à ce que
dit le voisin, à ses ventes et à sa propre ligne éditoriale ; c’est-à-dire que
ce que vous voyez et entendez dépend d’un petit groupe de personnes tout à fait
subjectives quant à l’importance à accorder à tel ou tel sujet plutôt qu’à tel
ou tel autre.... A méditer.
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