L’amour, ça fait mal
Écrit par la rédac' Dimanche, 22 Mars 2009 22:47
Et ce n’est rien de le dire ! Entre les petites aventures insouciantes du collège et les grandes histoires d’amour plus terre-à-terre des adultes (avec les inévitables : vie quotidienne, compte joint, enfants, maison...), les premières relations amoureuses sérieuses des ados sont souvent tourmentées, douloureuses, difficiles, mais aussi belles, intenses, profondes. En tout cas, elles nous font toujours grandir d’un seul coup.
Première cause (non officielle !) de maux de ventre chez les 15-20 ans, la passion amoureuse n’a pas que du bon : angoisse, peur de perdre l’autre, peur de déplaire, comportement obessionnel, jalousie, tyrannie... Non, vraiment, comme dirait Benoît XVI, l’abstinence, y’ a que ça de vrai : pas de risque, pas de souffrance inutile !Mais pourquoi donc l’amour d’un ou d’une autre peut nous mettre dans de tels états ?
Tout d’abord sans aucun doute parce que lorsqu’on est jeune, on n’a pas trop de recul, pas trop d’expérience en la matière et que lorsque le “grand amour” survient c’est une véritable bombe qui tombe sur nos restes d’enfance. On aime sans compter et on se prend tellement au jeu qu’on devient déraisonnable sans même s’en rendre compte.
Une scène du film Lol restitue à merveille ce qu’un ado très amoureux peut ressentir lorsqu’on lui reproche des choses terre à terre (devoirs, sortie trop tardive, rangement de chambre, mauvais bulletin de notes...) :
la voix de la mère s’estompe au profit de la voix intérieure de l’héroïne du film qui dit, en gros “Maman, si tu savais comme je m’en fous, la seule chose qui m’importe dans ma vie en ce moment c’est lui, lui, lui...”
Certaines expressions de la langue française sont d’ailleurs très justes : “elle est sur son petit nuage”, “depuis qu’il sort avec Amélie, il ne sait plus où il habite...” Et c’est justement parce qu’on perd pied avec la réalité, que les inévitables retours dans la vie quotidienne sont de plus en plus douloureux.
On retrouve dans ce genre de passion l’attachement parfois pathologique qu’on peut avoir, bébé, à sa maman ou à son doudou : dès qu’on en est éloigné de quelques mètres ou pendant quelques heures, c’est le drame ! Cette grande passion amoureuse peut donc d’une certaine manière être apparentée à un retour en enfance.
C’est paradoxal, parce que c’est aussi une façon d’entrer en force dans le monde des adultes. C’est une expérience qui fait mûrir parce qu’elle nous pousse dans nos retranchements et parce qu’en étant littéralement obsédé par l’être aimé, on se retrouve constamment face à ses limites (où le “moi” s’arrête ? où “l’autre” commence ?”)
C’est pourquoi l’amour passionnel n’est pas seulement synonyme de souffrance au moment de la rupture, mais aussi au quotidien, lorsqu’il devient trop profond. Certes, c’est magnifique et on ne peut que souhaiter à chacun de vivre ça. Sans cette passion douloureuse, des milliers d’oeuvres littéraires, musicales et cinématographiques n’auraient sans doute jamais vu le jour...
Aimer très (trop ?) fort c’est se sentir “très” vivant ! Mais cette forme de drogue nécessite qu’un jour on en sorte, ne serait-ce que pour garder la tête sur les épaules pour ses études, se relations sociales et son développement personnel et individuel.
Enfin, il ne faut pas non plus voir tout en noir : l’amour, parfois, ne fait pas aussi mal que ça, heureusement. Les petites histoires légères sont aussi essentielles que les grandes histoires sérieuses !











Il n'y a aucun commentaire pour cet article