Le redoublement, éternel sujet de polémique
Écrit par la rédac'
Mardi, 05 Mai 2009 12:02
A l’heure où certains serrent les
fesses en tentant de rattraper un peu leur année pendant le troisième
trimestre, le corps enseignant se torture l’esprit (au mieux) ou se
crêpe le chignon (au pire) pour savoir si faire redoubler un élève est une
bonne ou une mauvaise idée...
S’il y a bien un sujet qui a donné
lieu à de très nombreuses études, à de vives polémiques et à des tonnes
d’articles de presse, c’est bien le redoublement. Vivement critiqué pour
l’école primaire et le collège, il est accueilli un peu plus favorablement (ou
un peu moins défavorablement) pour le lycée, dans la mesure où il permet
souvent à l’élève de mieux se réorienter ou de se relancer après un passage à
vide, plus fréquent à cet âge.
S’il est sans doute vrai qu’à grande
échelle faire redoubler un peu systématiquement des milliers d’élèves sous
prétexte qu’ils terminent l’année avec une moyenne générale inférieure ou très
inférieure à 10/20, c’est un peu brutal, il convient sans doute, à l’opposé, de
regarder si pour certaines personnes il s’agit d’une option intéressante.
Regardez un peu autour de vous :
connaissez-vous ces horribles bêtes à part, stigmatisées par une vieille
étiquette, au choix de “loser”, de “cancre” ou de “glandouilleur” pour la
version off et de “redoublant” pour la version couramment acceptée ?
Moi j’en connais quelques-uns, dont
un qui a redoublé sa troisième et vient d’avoir son bac avec mention. Motifs
invoqués pour le redoublement : immature et nul en maths. De la à penser que
les deux sont liés, il n’y a qu’un pas ! Traumatisé le bonhomme ? Sûrement
pas.
Etiqueté “redoublant” ? Oui, pendant
un an lorsqu’il s’est retrouvé (non sans joie) avec ses petites copines de
quatrième à pouvoir frimer puisque, forcément, il connaissait le programme par
coeur (ou presque... d’où le redoublement !)
Bien sûr ça ne se passe pas toujours
aussi bien : un élève en situation de rejet scolaire qui doit se retaper dix
mois de cours à reprendre (souvent avec les mêmes profs) un programme abordant
des sujets qu’il a royalement détestés l’année d’avant, c’est l’idéal pour le
dégoûter définitivement de l’école.
Le redoublement est presque
systématiquement vécu comme une punition, arme de destruction massive du
tout-puissant conseil de classe, alors qu’il a à la base un potentiel de
bienfait pédagogique qui peut, on l’a dit, remettre sur les rails un élève en
léger décalage avec le niveau et l’autonomie qu’on exige de lui.
Comme souvent dans ce genre de
querelles de chapelle qui tournent au débat de société, chacun campe sur ses
positions et ceux qu’on entend le plus sont soit ceux qui n’y connaissent rien,
soit ceux qui s’y connaissent beaucoup trop et sont donc souvent incapables de
se mettre dans le crâne que chaque élève est un individu unique et qu’il se
peut que le redoublement soit une option envisageable. L’ignorance contre la
théorie. L’écrasante majorité entre les deux catégories n’a qu’à se taire.
La question du redoublement revient
régulièrement sur le devant de la scène telle le monstre du Loch Ness et permet
de ne pas parler pendant quelque temps de l’essentiel, comme, entre beaucoup
d’autres questions, un véritable accompagnement aux élèves en difficulté ou
encore une vitale et urgente nécessité de réformer le collège.
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