Ne bougez plus, vous êtes sondés !
Écrit par la rédac' Vendredi, 11 Juin 2010 11:07
“Ouais, chouette on me demande (enfin) mon avis !” Souvent, même si on fait le mec ou la fille pressé(e), notre égo est flatté lorsqu'un sondeur nous attrape dans la rue ou nous appelle au téléphone. En effet, on entend tous les jours des résultats de sondages sur tout et n'importe quoi et on en a un peu marre de ne jamais y participer.Comme beaucoup de choses du genre, historiquement, les sondages sont nés aux Etats-Unis, au début du 19ème siècle. Au départ comme jeu publicitaire de quelques journaux qui proposaient aux lecteurs de faire un faux vote juste avant les élections présidentielles.
Evidemment, les “résultats” étaient totalement faussés car les personnes interrogées ne constituaient pas ce fameux “échantillon représentatif”, expression qui accompagne bien souvent les résultats des sondages actuels.
En effet, si vous demandez à un groupe de personnes ce qu'ils pensent de l'augmentation du prix du gaz et que ceux sur qui vous tombez en appelant des gens par hasard ont principalement 15 ans et que leurs parents se chauffent à l'électricité, vous risquez d'obtenir un gros pourcentage pour la réponse “cela m'est indifférent” !
Il faudra attendre l'élection américaine de 1936 pour que les sondages deviennent un vrai travail technique et précis et pour que la notion d'échantillon représentatif prouve toute son utilité. Un faux vote est organisé juste avant l'élection et Roosevelt est donné perdant, alors qu'un sondage “sérieux” le donne largement vainqueur, ce qui sera le cas, à quelques pourcents près.
Il existe différentes catégories de sondages, les principales étant les sondages d'opinion d'une part et les sondages sur des faits réels d'autre part, qui peuvent parfois
être qualifiés d'études ou d'enquêtes.
Pour être très basique, un sondage d'opinion consiste à vous demander ce que vous pensez de telle ou telle chose, que ce soit d'ordre commercial, alimentaire, politique, social. Alors que l'autre catégorie consiste à demander aux gens ce qu'ils possèdent, ce qu'ils font, comment et pourquoi ils le font et éventuellement ce qu'ils ont envie de faire.
Aujourd'hui les sondages font partie de notre quotidien, parfois jusqu'à la nausée puisqu'il se passe rarement une journée sans que vous n'en entendiez un à la radio ou à la télé et que la grande majorité des journaux et des magazines en font même régulièrement un argument de vente.
Les agences se sont multipliées et c'est devenu un véritable secteur d'activités, employant plusieurs milliers de personnes en France. Même si pour des hommes politiques qui veulent savoir sur tel ou tel sujet ce que pensent “les Français” en vue, par exemple, de se faire (ré)élire, et pour des industriels qui veulent lancer de nouveaux produits et ne pas se planter sur les comportements et les goûts des gens, on comprend la démarche. On est par contre en droit de se demander ce que ça nous fait à nous, au quotidien, d'entendre qu'on fait partie des 11% de ceci ou qu'on pense à peu près comme les 45% de cela.
Déjà qu'on a souvent du mal à vivre pour soi et non au travers de ce que font et pensent les autres, il paraît clair que les sondages ne sont pas de nature à nous aider à construire notre personnalité de manière “neutre” et individuelle. Sans aller jusqu'à dire qu'ils sont nocifs, les sondages ne sont, au mieux, peut-être pas des choses si intéressantes qu'on veut un peu systématiquement nous le faire croire !











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