Oscars, Césars... pour quoi faire ?
Écrit par la rédac' Lundi, 09 Mars 2009 19:53
On vient d’assister dans la foulée à deux grandes cérémonies, l’une aux Etats-Unis, l’autre en France pour récompenser des films sortis dans les 12 derniers mois. Souvent des polémiques éclatent sur l’absence (ou la trop grande représentation) de certains films au palmarès. Cette année, en France ce sont les “Ch’tis” qui ont fait débat...
Qu’est-ce que un bon film ? Celui qui a été vu par des millions de téléspectateurs ou celui qui a été plébiscité par les médias ? Mais, au fait, quels médias, “Positif” ou “RMC” ? Ou alors, c’est celui pour lequel une poignée de spécialistes (acteurs, réalisateurs, producteurs) ont voté majoritairement ?
Tous les autres, par défaut et suivant une certaine logique, seraient donc “mauvais” ?
C’est un véritable casse-tête qui revient chaque année, comme les feuilles mortes à l’automne et les bourgeons au printemps. Pourtant, il n’y a pas toujours débat autour des prix cinématographiques. Cette année, les Césars nous ont offert une jolie polémique avec la vraie-fausse colère de Dany Boon, venu quand même à la cérémonie voir son pote Antoine De Caunes, en pantalon de survêtement orange (quand même, il fallait marquer sa petite contrariété...)
Une comédie populaire qui fait 20 millions d’entrées doit-elle nécessairement être, sinon primée, au minimum nominée dans plusieurs catégories ? A contrario, puisqu’elle est “comédie” ET “populaire” doit-elle être automatiquement snobée par les “experts” en cinéma qui ne retiendraient que des scénarios plus léchés, des intrigues plus profondes et des dialogues plus relevés ? Vaste question.
C’est un peu l’opposition classique (et fictive ?) de deux mondes... ou de deux “Frances” que tout opposerait : celle des méga-CGR et de leurs bouffeurs de pop-corn du samedi soir et celle des intellos qui hantent les cinémas d’art et d’essai pour voir des films hongrois en VO à la séance de 21h45 le mardi ?!
Faux débat sans doute, puisque depuis quelques années, la frontière entre ces deux types de salles s’est un peu estompée : par exemple, les Studios à Tours passent régulièrement des films “populaires” et les grandes chaînes ont aujourd’hui bien compris que pour élargir leur clientèle, elles devaient programmer autre chose que les blockblusters américains et les comédies familiales plus ou moins franchouillardes.
Pour en revenir aux “cérémonies” (le terme, emprunté à la religion, n’est-il pas déjà un peu trop pompeux ?), soyons clairs : il y aura toujours de grands absents au palmarès, c’est tous les ans la même chose. Exemples flagrants sur les Césars 2009 : où est l’excellent “Le crime est notre affaire” adaptation d’un roman d’Agatha Christie ? “La belle personne”, superbe fresque adolescente de Chritophe Honoré ? le “Paris” de Klapisch, qui, bien que plus faible que ses précédents, n’en est pas moins une grande réussite, la belle fiction sur une tranche de la vie de Coluche... etc.
D’un autre côté, les films récompensés le méritaient, donc il s’agit bien d’un débat sans fin. Par ailleurs, faut-il infliger aux (télé) spectateurs chaque année la litanie des larmes de crocodiles des uns, des remerciements interminables des autres, des gentils réglements de comptes des moins lâches et des traits d’humour ratés des moins drôles ?
Les prix et leurs cérémonies font partie de la petite cuisine interne des “professionnels de la profession”, c’est un peu comme une remise de médailles à l’intérieur d’un service municipal, les caméras en plus. Personnellement, je préfère aller voir un bon film...











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