Piratera ? Piratera pas ?
Écrit par la rédac' Mardi, 28 Avril 2009 13:51
La loi Hadopi, et plus généralement le téléchargement illégal de musique sur internet est devenu au fil des mois un sujet de société qui dépasse largement le problème initial.
Il est désormais question de liberté individuelle,
de rejet de l'industrie du disque, de respect du travail artistique, de
la place et du prix de la création musicale, de revendication de la
gratuité des produits culturels...
Bref, les enjeux sont beaucoup plus importants qu'en apparence.
Bref, les enjeux sont beaucoup plus importants qu'en apparence.
Les grands débats publics qui déchaînent les passions sont suffisamment rares pour être soulignés. La peine de mort dans les années 1970, l'école publique contre l'école “libre” dans les années 80, l'intervention militaire en Irak au début des années 90 et le téléchargement de musique sur internet depuis quelques années.
Certains n'hésitent pas à parler de “deux Frances”, celle qui télécharge de la musique illégalement et l'autre ! Mais pourquoi tant de haine entre ces deux camps apparemment irréconciliables ?
Comme souvent dans les débats passionnés, les arguments de base (voire primaires) sont martelés encore et encore : qui n'a pas entendu que télécharger c'est “comme entrer chez un disquaire et voler un CD” ? ou encore que “les maisons de disques sont des gros voleurs, alors c'est normal de les boycotter” ?
Vu de l'extérieur et le plus objectivement possible, on trouve de bons arguments des deux côtés. Le problème, c'est que la voix des premiers concernés - les artistes, ces gens qui ont décidé de vivre de leur création - n'est que peu entendue. C'est le règne du consommateur-roi, du législateur et des médias.
On imagine bien une énorme bagarre d'où émergerait un petit gars timide qui lèverait le doigt pour demander la parole au milieu des hurlements et des coups : “Heu, les gars, siouplait, j'peux dire kekchose ?” Ce petit mec, c'est l'artiste; c'est à cause de lui tout ce bazar et la seule chose qu'il s'entend répondre c'est un truc du genre “On s'en fout, taistoi, laisse-nous régler ça.”
On a bien entendu quelques artistes parler dans la presse, des “pour” et des “contre”, mais on sent bien que c'est avant tout une affaire politique, commerciale, revendicative, anti-tout et pro-rien où les héros d'un jour sont les citoyens lambda et les champions du monde des conversations de comptoir.
Un artiste a besoin d'argent pour vivre. Bizarre, non ? De temps pour créer, donc d'argent. Si ce n'est ni le gouvernement, ni les gens qui “consomment son art” qui le lui donnent, alors qui donc ? Se passer des maisons de disques qui font payer un CD ou
un téléchargement (légal) entre 10 et 20 euros alors que l'artiste en touche à peine 1 euro, pourquoi pas ? Mais qui, alors, se chargera de la production ? Un artiste est-il nécessairement “condamné” à devenir un petit chef d'entreprise qui doit gérer son business de A à Z ? Qui va faire le “sale boulot” ?
Entre le jeune arrogant sûr de son bon droit qui considère que pirater le dernier album de son groupe préféré est synonyme de liberté fondamentale et le législateur opportuniste qui se lèche les babines et se voit déjà priver des milliers de citoyens d'un outil extrêmement dangereux pour son pouvoir personnel (Internet), il y a sûrement moyen de trouver sa place.
Avec des sites comme Deezer et Myspace, le développement important des offres de CDs dans les médiathèques de France et de Navarre et l'explosion des podcasts musicaux (Inrocks, France Inter, Libé, etc.), il faut quand même être sacrément de mauvaise foi (ou alors n'avoir rien compris aux nouvelles technologies) pour déclarer qu'il est aujourd'hui difficile de découvrir de nouveaux groupes sans être obligé acheter directement leur album.
On peut aujourd'hui écouter de la musique à la carte de manière illimitée à partir de son ordinateur, sans dépenser autre chose que son abonnement internet.
Le paradoxe est là : pourquoi vouloir à tout prix “posséder” un album quand on peut l'écouter quand on veut (et légalement !) en streaming ?!
En outre, on peut penser qu'une revendication systématique de musique gratuite constitue, à la longue, un profond mépris des artistes et de l'équipe de production qui les entoure.
A l'opposé, menacer les gens de les priver de ce qui devient un droit fondamental (l'accès à internet) sous prétexte qu'un membre de la famille fait quelques bêtises, est un acte liberticide de plus, dans une société ultra-hygiéniste et ultra-légaliste déjà au bord de l'implosion.
Dans les années 80 déjà, des dizaines de milliers de personne copiaient tous les jours sur cassettes les vinyles, les cassettes “pré-enregistrées” et les tout premiers CDs de leurs amis. L'industrie du disque s'en était émue à l'époque. Vingt-cinq ans après, elle est toujours là, alors que les cassettes ont disparu. Il n'était pas plus difficile d'enregistrer une cassette que de télécharger un album et de le graver sur CD...
Le problème n'est donc pas là où tout le monde semble à tout prix vouloir le mettre.
Certains n'hésitent pas à parler de “deux Frances”, celle qui télécharge de la musique illégalement et l'autre ! Mais pourquoi tant de haine entre ces deux camps apparemment irréconciliables ?
Comme souvent dans les débats passionnés, les arguments de base (voire primaires) sont martelés encore et encore : qui n'a pas entendu que télécharger c'est “comme entrer chez un disquaire et voler un CD” ? ou encore que “les maisons de disques sont des gros voleurs, alors c'est normal de les boycotter” ?
Vu de l'extérieur et le plus objectivement possible, on trouve de bons arguments des deux côtés. Le problème, c'est que la voix des premiers concernés - les artistes, ces gens qui ont décidé de vivre de leur création - n'est que peu entendue. C'est le règne du consommateur-roi, du législateur et des médias.
On imagine bien une énorme bagarre d'où émergerait un petit gars timide qui lèverait le doigt pour demander la parole au milieu des hurlements et des coups : “Heu, les gars, siouplait, j'peux dire kekchose ?” Ce petit mec, c'est l'artiste; c'est à cause de lui tout ce bazar et la seule chose qu'il s'entend répondre c'est un truc du genre “On s'en fout, taistoi, laisse-nous régler ça.”
On a bien entendu quelques artistes parler dans la presse, des “pour” et des “contre”, mais on sent bien que c'est avant tout une affaire politique, commerciale, revendicative, anti-tout et pro-rien où les héros d'un jour sont les citoyens lambda et les champions du monde des conversations de comptoir.
Un artiste a besoin d'argent pour vivre. Bizarre, non ? De temps pour créer, donc d'argent. Si ce n'est ni le gouvernement, ni les gens qui “consomment son art” qui le lui donnent, alors qui donc ? Se passer des maisons de disques qui font payer un CD ou
un téléchargement (légal) entre 10 et 20 euros alors que l'artiste en touche à peine 1 euro, pourquoi pas ? Mais qui, alors, se chargera de la production ? Un artiste est-il nécessairement “condamné” à devenir un petit chef d'entreprise qui doit gérer son business de A à Z ? Qui va faire le “sale boulot” ?
Entre le jeune arrogant sûr de son bon droit qui considère que pirater le dernier album de son groupe préféré est synonyme de liberté fondamentale et le législateur opportuniste qui se lèche les babines et se voit déjà priver des milliers de citoyens d'un outil extrêmement dangereux pour son pouvoir personnel (Internet), il y a sûrement moyen de trouver sa place.
Avec des sites comme Deezer et Myspace, le développement important des offres de CDs dans les médiathèques de France et de Navarre et l'explosion des podcasts musicaux (Inrocks, France Inter, Libé, etc.), il faut quand même être sacrément de mauvaise foi (ou alors n'avoir rien compris aux nouvelles technologies) pour déclarer qu'il est aujourd'hui difficile de découvrir de nouveaux groupes sans être obligé acheter directement leur album.
On peut aujourd'hui écouter de la musique à la carte de manière illimitée à partir de son ordinateur, sans dépenser autre chose que son abonnement internet.
Le paradoxe est là : pourquoi vouloir à tout prix “posséder” un album quand on peut l'écouter quand on veut (et légalement !) en streaming ?!
En outre, on peut penser qu'une revendication systématique de musique gratuite constitue, à la longue, un profond mépris des artistes et de l'équipe de production qui les entoure.
A l'opposé, menacer les gens de les priver de ce qui devient un droit fondamental (l'accès à internet) sous prétexte qu'un membre de la famille fait quelques bêtises, est un acte liberticide de plus, dans une société ultra-hygiéniste et ultra-légaliste déjà au bord de l'implosion.
Dans les années 80 déjà, des dizaines de milliers de personne copiaient tous les jours sur cassettes les vinyles, les cassettes “pré-enregistrées” et les tout premiers CDs de leurs amis. L'industrie du disque s'en était émue à l'époque. Vingt-cinq ans après, elle est toujours là, alors que les cassettes ont disparu. Il n'était pas plus difficile d'enregistrer une cassette que de télécharger un album et de le graver sur CD...
Le problème n'est donc pas là où tout le monde semble à tout prix vouloir le mettre.











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