Pourquoi les chômeurs gagnent-ils de l'argent ?
Écrit par la rédac' Mercredi, 12 Novembre 2008 12:09
C'est une question toute bête, mais pas si évidente. Que vous soyez directement concerné parce qu'un membre de votre famille a été, est ou va bientôt être (suite, par exemple, aux conséquences de la crise financière) au chômage, vous vous êtes sûrement demandé comment ça marchait et pourquoi la société avait mis, un jour, en place un système qui consiste à donner de l'argent à des personnes qui ne travaillent pas, alors que la majorité doit travailler pour en avoir !
Vous avez tous entendu un jour quelqu'un se plaindre de “ces fainéants”, “payés à rien faire”, “qui vivent sur le dos de la société”... Ou encore des idées très sympathiques pour les personnes qui ont commis le péché suprême de perdre leur boulot et de ne pas en retrouver un autre tout de suite, du style “tiens, il paraît qu'ils cherchent des gens pour nettoyer les plages, y'a qu'à envoyer les chômeurs, ça les occupera !”Oui, on en entend régulièrement de toutes les couleurs sur cette partie de la population (actuellement environ 8 ou 9 adultes sur 100), inévitablement coupée du reste de la société, montrés du doigt, même si ça part souvent d'un bon sentiment. La norme, dans le monde dans lequel nous vivons c'est le travail, donc quelqu'un qui ne travaille pas n'est pas “normal.”
Pourtant, de moins en moins de personnes sont totalement protégées du chômage et de plus en plus de salariés sont passés, passent ou passeront à un moment ou à un autre de leur carrière professionnelle par la case “sans emploi”. Ce n'est ni une honte, ni une maladie... Depuis les Années 80, c'est même presque devenu une autre forme de norme.
Heureusement, un système d'assurance global permet de ne pas se retrouver sans revenu lorsque vous vous retrouvez dans cette situation : l'Assedic. Lorsque vous travaillez, vous cotisez chaque mois (c'est obligatoire et prélevé sur votre salaire avant que vous le touchiez) et c'est cet argent qui, redistribué, permet à ceux qui n'ont pas de travail d'avoir quand même de quoi payer leur nourriture, leur loyer, leurs dépenses habituelles.
Le principe c'est que ce sont ceux qui travaillent qui paient pour ceux qui ne travaillent pas. C'est cette logique qui déplaît à certains, persuadés qu'ils sont que “ça n'arrive qu'aux autres” ou que “si on veut vraiment retrouver du boulot, c'est facile”.
Pourtant, ce principe de solidarité est une belle trouvaille qui permet de ne plus plonger des milliers de familles dans la misère dès qu'un emploi est perdu, ce qui pouvait être le cas avant 1958, date de la création de la toute première version de ce système. Malheureusement, ce système est déficitaire, de fortes périodes de chômage étant venu perturber l'équilibre entre cotisations et allocations versées, les secondes étant parfois plus importantes que les premières...
Bien sûr, vous ne pouvez toucher des allocations chômage que si vous avez perdu votre emploi de manière involontaire. Un démissionnaire par exemple, n'a pas droit aux allocations. D'autre part, vous gagnez moins d'argent que lorsque vous travaillez, ce qui est l'une des raisons qui incitent les chômeurs à retrouver un emploi au plus vite.
Enfin, vous avez sans doute entendu parler des “chômeurs en fin de droits”. Ce sont les chômeurs qui sont au chômage depuis trop longtemps pour pouvoir continuer à bénéficier des allocations (environ 2 ans généralement). Ils deviennent généralement bénéficiaires du RMI (ou RSA) qui est une aide de l'état.
Enfin, il est important de savoir que les chefs d'entreprise non salariés, les artisans et les travailleurs indépendants ne peuvent pas cotiser volontairement à l'assurance chômage, ce qui signifie que lorsqu'ils ont une baisse de revenus ou qu'ils perdent leur clientèle, ils n'ont droit à aucune allocation, donc à aucun revenu de compensation.











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