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Pourquoi parle-t-on autant des procès ?

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palais de justiceAssassinat du préfet Erignac, affaire des “bébés congelés”, affaire “Clearstream”... certains procès reviennent régulièrement dans l’actualité, envahissent les ondes et, pourtant, ont l’air d’ennuyer tout le monde. A commencer par les jeunes. Si les médias accordent autant d’importance à l’exercice de la justice, ce n’est pourtant pas un hasard. C’est parce que la bonne santé d’une démocratie passe par là; c’est parce que le dénouement de tel ou tel délit, crime ou meurtre résonne en chacun de nous; c’est parce que la recherche de la vérité est l’un des fondements de l’humanité.

 

Tout d’abord, une chose importante à savoir : la justice est lente. Lente parce qu’elle est complexe, lente parce qu’une procédure implique de nombreuses personnes et de nombreuses règles et enfin, lente, parce qu’elle est... lente ! C’est comme ça depuis très longtemps et ce n’est pas près de changer.

D’un autre côté, cette lenteur a du bon : elle permet à toute la machine judiciaire de se mettre tranquillement en place, ce qui fait souvent retomber les pressions extérieures et la passion ou la colère du public.

Il est loin le temps où l’on “jugeait” un criminel en deux temps trois mouvements avant de le pendre sur la place du village pour calmer la colère de tout le monde.

Il faut distinguer 3 types de procès : le procès civil, le procès pénal et le procès administratif. La plupart des “grandes affaires” relatées dans les médias sont presque toujours liées à l’exercice du droit pénal. Qui dit “pénal” dit “peine”. C’est-à-dire que non seulement la justice tranche (symbole de l’épée), mais elle condamne et “punit” les coupables. Les deux principales cours sont le Tribunal Correctionnel et la Cour d’Assises.

Les grands procès sont souvent riches en rebondissements et impliquent de nombreuses personnes, d’où le temps très long entre le début de l’enquête et de l’instruction, et le début du procès. Plus le dossier est lourd, plus le nombre de témoignages est important, plus la procédure est longue.

C’est pourquoi on en entend parler pendant si longtemps dans les médias. Généralement, lorsqu’il ya une affaire considérée comme importante, on en parle lorsqu’elle élate au grand jour, puis dans les jours suivants. Ensuite, une autre actualité plus “fraîche” reprend le dessus, ce qui ne veut pas dire que l’enquête ne continue pas, mais cette fois-ci “dans l’ombre”.

Par la suite, les médias reviennent régulièrement sur l’affaire dès qu’un élément nouveau vient relancer les investigations : découverte d’un document, nouveau témoignage, aveux ou dénégations des accusés, nouvelles suspicions, arrestations ou gardes à vue, perquisitions, etc..

Enfin, lorsque le dossier est ficelé et qu’une date d’audience est fixée, les journaux nous mettent en appétit dans les jours qui précèdent en refaisant le point sur l’affaire en question, puis le procès est relaté jour après jour. A la fin d’un procès, la décision est souvent “mise en délibéré”, ce qui occasionne une nouvelle attente, puis la décision rendue fait souvent l’objet d’un appel, quelques mois plus tard, avec des contre-enquêtes, des contre-expertises demandées par les avocats ou les juges.

Tous ces éléments peuvent faire durer certaines affaires pendant des années, tel un véritable feuilleton. Le procès Erignac en est un exemple typique. Le préfet Erignac a été assassiné en 1998, le procès a débuté seulement le 2 juin 2003. Yvan Colonna a été condamné le 13 décembre 2007, il a fait appel et le nouveau procès a commencé le 9 févier 2009 seulement !

 

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