Retour chez les Ch’tis
Écrit par la rédac' Lundi, 05 Janvier 2009 12:40
Les blockbusters, vous connaissez ? Ce sont ces films américains qui sont à l’art cinématographique ce qu’un hamburger est à la gastronomie. Un thème fédérateur, un scénario parfait co-écrit par une vingtaine de personnes pendant des mois, une campagne marketing monstrueuse mise en place des mois à l’avance. Bref, quelque chose qu’on ne sait pas trop faire en France... Pourtant, le film - plutôt simple - “Bienvenue chez les Ch’tis” a explosé le record du nombre d’entrées... pourquoi ?!
Vous l’avez vu... une fois, deux fois, trois fois ? Vous avez eu le DVD à Noël ? Vous connaissez de nombreuses répliques par coeur et vous vous amusez à rejouer des scènes entières avec vos copains ? Avec environ 20 millions d’entrées, “Bienvenue chez les Ch’tis” est l’un des plus grands succès de l’histoire du cinéma.Pourtant, à y regarder de près, ce n’est pas un chef d’oeuvre, ni le film le plus drôle jamais sorti. Différentes raisons peuvent expliquer ce succès et d’abord la vieille opposition nord-sud, plutôt bon enfant en France, ce qui n’est pas le cas partout. En Italie par exemple, cette opposition est très forte et parfois violente.
Le cauchemar d’un Marseillais obligé d’aller vivre à Calais, c’est une vieille blague dont personne n’avait jusque là pensé à faire un film. C’est une bonne idée de départ, certes, mais une bonne idée ne suffit généralement pas à faire un bon film. Alors, le cordon bleu Dany Boon s’est enfermé dans sa cuisine et ajouté toutes sortes d’ingrédients et d’épices qui ont rendu l’ensemble irrésistible.
Parmi les petites choses qui ont marqué les esprits des spectateurs : la barraque à frites, les contrôles des gendarmes, la pluie qui se met à tomber subitement lorsque le personnage principal passe la “frontière” du nord, la gaffe monumentale lors de l’entretien avec les responsables des handicapés...
Sur le fond, de nombreux thèmes qui touchent tout le monde sont abordés, à commencer par les relations entre un responsable et ses employés, sur l’air du patron coincé-au-départ-mais-qui-pète-les-plombs-à-la-fin, le rêve de beaucoup d’employés et sans doute, de beaucoup de cadres aussi...
La mutation professionnelle et ses conséquence sur la vie d’un couple, la vie quotidienne d’un petit bureau de poste et, par extension, celle d’une petite ville de province “type”, l’hospitalité des gens qui ont le temps, les réticences de ceux qui ne l’ont pas et la spontanéité de ceux qui le prennent quand même... des sujets très en vogue à notre époque et qui touchent presque toutes les catégories sociales.
Pour les plus jeunes, le “parler chtimi” et la tournée très alcoolisée des deux personnages principaux, typiques de l’humour burlesque, sont deux ingrédients aussi délicieux que des crocodiles Haribo.
Pour les adeptes des histoires d’amour, la scène du clocher remplit parfaitement son rôle et pour la morale, on est aussi servi sur l’ensemble du film avec son message anti-xénophobe et antiraciste bien lourd : “il ne faut jamais avoir d’a priori négatif sur les gens différents de nous, bla bla bla...”
En gros, servi par un duo d’acteurs assez talentueux, ce film est arrivé au bon moment; à un moment où les Français avaient envie de rigoler, de voir leur pays sur grand écran et de se moquer un peu des gens du nord tout en se disant que ce sont des gens “vraiment sympas”. Bref, un film-miroir bien tranquille et rassurant, en somme...











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