S’engager avec humour, c’est possible
Écrit par la rédac' Mardi, 05 Mai 2009 12:03
On dépeint souvent les personnes engagées dans une cause comme des gens qui se prennent au sérieux et remettent sur le tapis leur engagement à la moindre occasion, rendant certains soirées plus que lourdes.
Pourtant, rien ne vous oblige à être lourd lorsque vous décidez d’oeuvrer pour la défense de l’environnement ou pour les handicapés par exemple. Vous pouvez même le faire avec humour, ce qui est sans doute mieux pour tout le monde et surtout, pour la cause que vous prétendez servir...
Vous en avez forcément déjà rencontré, peut-être même en faites-vous partie vous-même ! Vous savez, celui qui tient à tout prix à partager sa passion et qui prend la tête à tout le monde dès qu’il en a l’occasion en faisant du prosélytisme (en “démarchant” pour convaincre les autres de s’engager avec lui), quitte à faire culpabiliser ses interlocuteurs.
“Quoi ? Tu ne fais rien pour les SDF ?! Il faut que tu nous rejoignes, tu peux pas laisser ces mecs crever de froid dans la rue, c’est dégueulasse !” Notre réaction classique dans ces cas-là est de ne surtout pas avoir envie de faire quelque chose.
Malheureusement.
Les extrémistes de tout poil ont une chose en commun, celle de ne pas réussir à faire passer leurs idées (tout du moins auprès de personnes dotées d’un cerveau normal) principalement parce qu’ils les martèlent du matin au soir.
Or, on peut s’engager pour une cause, aussi louable soit-elle, sans être extrême et donc, sans en vouloir à la terre entière de ne pas faire la même chose !
Une personne engagée pour les bonnes raisons est généralement beaucoup plus mesurée et est capable de faire la part des choses entre son action et sa vie sociale en général.
Heureusement, le milieu associatif regorge de militants appartenant à cette catégorie, qui donnent une excellente image à leur cause et c’est pourquoi on voit d’ailleurs les adhésions à certains organismes augmenter à vue d’oeil.
L’engagement est souvent un don de soi, donc quelque chose d’humainement noble et en aucun cas une espèce de sacrifice permanent qu’on ne peut s’empêcher de communiquer aux autres pour bien montrer qu’on est vraiment “quelqu’un de bien.”
L’auto-dérision est un droit, voire un devoir, et aucune catégorie de la population n’en est exclu. L’humour n’est pas un rempart à l’efficacité, au professionnalisme, ni à la solidarité et au respect de l’autre.
On peut par exemple tout à fait relayer une bonne blague sur les chômeurs longue durée ou les SDF et une heure après être en train de servir de la soupe à un accueil d’urgence ou collecter des fringues pour les redistribuer aux personnes dans une situation dramatique.
De nombreux événements ont montré que les meilleurs humanitaires sont des gens qui savent prendre du recul avec leur travail car ils ne le considèrent pas nécessairement comme au-dessus des autres.
On peut consacrer de nombreuses heures de sa vie, chaque semaine, à faire une “bonne action” sans pour autant faire comprendre à celui qui passe son temps libre à jouer à la PSP ou au foot ou à celle qui a pour activité la flûte traversière ou le volley qu’ils sont de purs égoïstes !
L’engagement n’est vraiment beau que s’il est gratuit et naturel, c’est-à-dire que non seulement on n’en attende rien en retour, mais aussi qu’il n’empiète jamais sur ce que vous êtes fondamentalement...











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