Services à la personne : solidarité marchandisée ?
Écrit par la rédac' Mardi, 28 Juillet 2009 13:51
Les idées ne manquent pas pour proposer toujours plus de services aux gens : du gardiennage d’animaux domestiques au ménage, en passant par le relevé du courrier ou l’attente dans les administrations (véridique !), tout a un coût. D’un côté c’est bien car cela crée des emplois et rend service aux gens, d’un autre côté ça veut dire que ce qui était un petit service rendu simplement devient une marchandise comme une autre...
Cela ne date pas vraiment d’hier : de tout temps des hommes ont proposé des services bénévolement et d’autres ont proposé les mêmes contre de l’argent, jusqu’à en faire leur métier. Et ça sera a priori toujours comme ça.
Aucune de ces deux catégories n’est répréhensible : si certaines personnes ont un métier et une vie privée qui leur permet en plus d’offrir de leur temps pour aider les autres, c’est très bien. De l’autre côté, si certains décident de faire de cette même activité leur métier et que ça marche, pourquoi pas.
Cependant, on remarque depuis quelques années l’explosion de ce que l’on appelle désormais “les services à la personne.” On dit même qu’il s’agit de l’un des secteurs professionnels les plus créateurs d’emploi et les plus prometteurs pour les années à venir.
Côté environnement on ne peut que s’en réjouir : il s’agit d’une activité humaine plutôt “verte” dans la mesure où elle ne repose pas sur la vente de produits manufacturés, gourmands en matières premières et en énergie et qui finissent un jour à la poubelle avec plus ou moins d’éléments nocifs (plastiques, métaux lourds, puces électroniques.)
De plus, il s’agit presque toujours de services de proximité, ce qui signifie que le “bilan carbone” de ces services est assez bas puisque les prestataires n’habitent pas loin de leurs clients.
Côté “emploi durable”, c’est très bien aussi : impossible de délocaliser dans un pays lointain une activité qui consiste à aller chez les gens ou à faire des choses à leur place dans la ville où ils habitent.
L’une des dernières trouvailles en date consiste à proposer un forfait mensuel pour vous “déstresser” et faire à votre place tout ce que vous n’avez pas le temps de faire : déposer et récupérer votre voiture au garage à l’autre bout de la ville, aller promener votre chien tous les matins, emmener vos enfants à l’école, réparer votre aspirateur.
On imagine effectivement très bien les perspectives de ce type de services et on peut se demander si des boîtes ne proposeront pas bientôt de franchir la ligne rouge : vivre à votre place. On voit ça très bien : ciné à votre place, restau à votre place, douche et bain à votre place (c’est fou le temps que ça prend ces trucs-là, c’est vrai, quoi !)
Au-delà du côté “assistanat permanent” on peut voir un autre aspect pervers de cette évolution sociale : le petit service que vous rendez de temps en temps à votre voisine ou votre grand-tante risque de devenir superflu. Certains finiront sans doute par se dire, même inconsciemment : “Il y a des boîtes qui font ça très bien après tout, il/elle n’a pas vraiment besoin de moi...”
Une solution : imposer à ces entreprises très imaginatives le même texte préventif obligatoire que pour l’alcool. “A consommer avec modération.” Et continuer à aider votre prochain dès que possible. Gratuitement !
Aucune de ces deux catégories n’est répréhensible : si certaines personnes ont un métier et une vie privée qui leur permet en plus d’offrir de leur temps pour aider les autres, c’est très bien. De l’autre côté, si certains décident de faire de cette même activité leur métier et que ça marche, pourquoi pas.
Cependant, on remarque depuis quelques années l’explosion de ce que l’on appelle désormais “les services à la personne.” On dit même qu’il s’agit de l’un des secteurs professionnels les plus créateurs d’emploi et les plus prometteurs pour les années à venir.
Côté environnement on ne peut que s’en réjouir : il s’agit d’une activité humaine plutôt “verte” dans la mesure où elle ne repose pas sur la vente de produits manufacturés, gourmands en matières premières et en énergie et qui finissent un jour à la poubelle avec plus ou moins d’éléments nocifs (plastiques, métaux lourds, puces électroniques.)
De plus, il s’agit presque toujours de services de proximité, ce qui signifie que le “bilan carbone” de ces services est assez bas puisque les prestataires n’habitent pas loin de leurs clients.
Côté “emploi durable”, c’est très bien aussi : impossible de délocaliser dans un pays lointain une activité qui consiste à aller chez les gens ou à faire des choses à leur place dans la ville où ils habitent.
L’une des dernières trouvailles en date consiste à proposer un forfait mensuel pour vous “déstresser” et faire à votre place tout ce que vous n’avez pas le temps de faire : déposer et récupérer votre voiture au garage à l’autre bout de la ville, aller promener votre chien tous les matins, emmener vos enfants à l’école, réparer votre aspirateur.
On imagine effectivement très bien les perspectives de ce type de services et on peut se demander si des boîtes ne proposeront pas bientôt de franchir la ligne rouge : vivre à votre place. On voit ça très bien : ciné à votre place, restau à votre place, douche et bain à votre place (c’est fou le temps que ça prend ces trucs-là, c’est vrai, quoi !)
Au-delà du côté “assistanat permanent” on peut voir un autre aspect pervers de cette évolution sociale : le petit service que vous rendez de temps en temps à votre voisine ou votre grand-tante risque de devenir superflu. Certains finiront sans doute par se dire, même inconsciemment : “Il y a des boîtes qui font ça très bien après tout, il/elle n’a pas vraiment besoin de moi...”
Une solution : imposer à ces entreprises très imaginatives le même texte préventif obligatoire que pour l’alcool. “A consommer avec modération.” Et continuer à aider votre prochain dès que possible. Gratuitement !











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