“Il faut montrer l’exemple” Tout le
monde a entendu cet adage, la première fois généralement asséné à la grande
soeur ou au grand frère qui vient de faire une bêtise devant le petit dernier
qui n’en revient pas. Grosse pression !
Bien entendu ceci n’est pas
exclusivement réservé aux personnes qui, dans la société, ont un statut
particulier qui les place, qu’on le veuille ou non, “au-dessus” des autres
individus. En effet, on est tous tributaires du comportement des uns et des
autres et, dans l’absolu, on doit tous “montrer l’exemple” à son prochain.
Qu’est-ce que ça veut dire en somme,
lorsque les médias tombent sans merci sur un homme ou une femme politique qui
vient de dire une énormité ou de faire une bêtise ? Que le fait de choisir
d’avoir une fonction “importante” vous interdit d’être un être humain, avec ses
qualités et ses défauts ? Que faire des bêtises quand vous êtes censé
uniquement faire des choses sérieuses est un acte répréhensible ?
Un prof qui un jour, fatigué et
venant de s’engueuler avec sa femme, dit à une élève “tu me fais chier petite
conne”, est-il pour autant un mauvais prof, indigne d’occuper sa fonction les
milliers d’autres jours de sa carrière où il ne dérapera pas ?
On repense au film “Entre les murs”,
où une ado, traitée de “pétasse” par son prof de français devant toute la
classe, déclare de manière définitive et répétitive : “ça se fait pas m’sieur,
ça se fait pas !” C’est vrai que ça ne se fait pas, mais pousser à bout un prof
du 1er septembre au 30 juin en pourrissant la quasi-totalité de ses cours en
bavardant et en remettant en cause tout ce qu’il dit, ça ne se fait pas non
plus !
Bref, être grand chef d’entreprise,
maire, ministre ou proviseur de lycée n’est sans doute pas de tout repos, donc
une grosse vanne bien lourde de temps en temps, pourquoi pas, si ça peut éviter
un énorme pétage de plomb sur un dossier chaud, c’est peut-être pas plus mal !
A notre époque, il faut dire que le
droit à l’erreur des personnages publics se réduit de plus en plus. Le moindre
conseiller municipal d’un village de 500 habitants peut se retrouver sur U-Tube
deux heures après avoir sorti une blague pourrie en marge d’une inauguration de
salle des fêtes paumée, alors qu’il y a dix ou vingt ans, personne n’en aurait
rien su. La moindre “erreur” est montrée du doigt avec insistance.
Rien n’a changé dans l’absolu, si ce
n’est qu’aujourd’hui les médias font feu de tout bois et que du coup, on
réalise à quel point tout être humain est plein de faiblesses. Ce qui,
réflexion faite, est plutôt rassurant.
Le jour où l’on sera exclusivement
dirigés par des machines qui ne buggeront jamais, on s’ennuiera à mourir, alors
essayons de voir le bon côté des choses lorsqu’un “chef” dit ou fait n’importe
quoi pendant quelques minutes...
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