Une dictature, c'est quoi exactement ?
Écrit par la rédac' Vendredi, 16 Avril 2010 15:24
Quand vous aviez un petit projet en tête, que vous avez omis un détail (de taille) qui consiste à demander l'accord de vos parents alors que vous êtes mineur et que vous vivez sous leur toit et que vous obtenez un refus clair et net, il peut vous arriver de hurler au scandale et de dire, même pas en rigolant : “C'est la dictature, ici !” Alors, bonne définition ou exagération colérique ? Regardons ça de plus près...Evidemment si on réduit le mot “dictateur” à sa seule étymologie (“celui qui parle”) ça fait un sacré nombre de candidats ! On pense aussi à ce truc monstrueux qui a hanté une partie de notre scolarité, la dictée, où il est clair qu'on n'a pas vraiment d'autre choix que d'écrire les mots qui sont lus, et, en plus de les écrire d'une certaine manière et pas d'une autre... On s'approche un peu plus de la “dictature” !
Historiquement et concrètement, ce type de régime est né à l'époque de la République romaine et il n'était initialement réservé qu'aux situations les plus graves. Un
seul homme avait le droit de tout décider, en passant au-dessus des lois si nécessaire, afin de gérer une crise grave (guerre, invasion, soulèvements populaires importants...) théoriquement pendant six mois maximum.
Ceci signifiait que ce régime était clairement défini et, surtout, limité dans le temps. Par extension, dans les siècles suivants et dans différentes régions du globe, le terme de “dictature” a peu à peu désigné des types de gouvernance permanents et considérés comme “normaux”.
Dictateurs, tyrans, despotes, monarques absolus... les mots ne manquent pas pour désigner ces hommes qui dirigent leur pays et leur peuple d'une main de fer, en décidant à peu près tout pour eux, à l'exception du temps qu'il fait (quoi que...), en piétinant les lois (quand il y en a) comme d'autres écrasent une araignée avec leurs Converse et surtout en n'écoutant absolument personne d'autre, ou presque !
Parfois, les dictateurs s'entourent un peu et c'est en vérité un petit groupe de personnes qui dirigent le pays, mais le résultat pour les libertés individuelles et la démocratie (la quoi ?!) est à peu près le même. Le mieux restant pour le citoyen lambda, de ne rien dire de mal, d'avoir toujours l'air heureux, de ne rien vouloir changer du tout à quoi que ce soit et de bien faire ce qu'on lui dit de faire quand on lui dit de le faire.
Bon, alors, quand vos parents décident pour vous et refusent des choses, sont-ce pour autant d'affreux dictateurs ? N'avez-vous pas voix au chapître ? La famille ne serait pas une démocratie ? Vastes questions, d'autant plus que la mode, depuis une bonne vingtaine d'années, est aux “enfants tyrans” qui seraient, eux, les dictateurs en puissance de la structure familiale !
D'un autre côté, la notion de minorité est importante, puisque que par définition un enfant non majeur doit obéir à ses responsables légaux, qui sont la plupart du temps ses parents. Non, sérieusement, même si des fois on aimerait bien avoir le premier et le dernier mot à la maison, on ne peut pas vraiment comparer ça avec le calvaire que subissent chaque jour des millions d'adultes vivant, encore aujourd'hui, dans des dictatures ou, si l'on veut éviter de prononcer le mot pour ne froisser personne, dans des régimes “peu démocratiques”...
A suivre... prochain épisode : une petite histoire des grandes dictatures !











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