Viens ici que je te sécurise !
Écrit par la rédac' Mardi, 19 Mai 2009 09:37
Beaucoup de gens se plaignent de la “dérive sécuritaire” de notre pays, mais personne n’a envie de se faire agresser dans la rue, dans un concert ou dans un centre commercial.
De ce paradoxe naît une situation étrange où les sociétés de sécurité privées connaissent un essor phénoménal et où il devient impensable de revenir en arrière...
Vous en avez forcément vu, il y en a partout, ou presque. Des hommes en costumes sombres ou en tenue para-militaire, l’air stressé et forcément sérieux (ils sont payés pour), avec un chien au bout du bras et un talkie-walkie greffé sur l’autre main.
Dans certains entreprises, ils ont même acquis une position confortable, bénéficiant de pouvoirs dignes de cadres : ils font souvent la pluie et le beau temps, et plus seulement dans les soirées VIP parisiennes.
“Ils”, ce sont les agents de sécurité. Une profession qui explose, à tel point qu’il n’est pas rare de trouver désormais des formations initiale dans des établissements scolaires. En 2007, plus de 150 000 postes ont été créés en France.
D’un côté ils font grincer des dents, de l’autre ils rassurent, tout dépend de la sensibilité de chacun. Et de son vécu. Une victime d’agression sur un parking de supermarché verra d’un oeil différent la présence d’un agent de sécurité la prochaine fois qu’elle ira faire ses courses que, par exemple, une personne qui se sera fait remonter publiquement les bretelles un peu brutalement pour avoir emprunté la mauvaise porte à l’entrée d’un magasin...
Côté fiabilité, il y aurait beaucoup de choses à dire. Rien ne vous empêche, demain, d’aller acheter une paire de Rangers, un sweet-shirt noir avec l’inscription blanche “sécurité” dessus, un gros chien bien dressé (c’est cher, mais ça se trouve !) avec une belle muselière en cuir. C’est pourquoi, il est recommandé de ne pas faire aveuglément confiance à un “agent de sécurité” en toute circonstance.
Les agents de sécurité sont-ils ou peuvent-ils être des agents d’accueil ? Grande question, dont la réponse varie d’une entreprise à l’autre : “ce n’est pas notre boulot” disent les uns, alors que d’autres ont compris qu’ils vendaient plus de prestations en incluant une partie “accueil”.
Malheureusement, tout comme il est difficile de demander à une jeune diplômée d’une école d’hôtesse de refouler deux poivrots de 90 kilos à l’entrée d’un salon, il est parfois compliqué d’expliquer à un molosse formé aux sports de combat et partageant son quotidien avec trois bergers belges qu’il est possible de sourire ET de dire bonjour, aux gens qui veulent juste entrer pour passer une soirée quelque part !
Alors, pourquoi cette explosion de “milices privées” (parfois, on n’en est pas loin...) : Accroissement réel de la violence ? Accroissement de la peur de la violence ? Paranoïa généralisée ? “La police ne fait pas son boulot” ?
Starisation de la société (pour donner l’impression qu’un événement est important, il faut déjà commencer par mettre une demi-douzaine de molosses à l’entrée, ça en jette tout de suite !) ?
Même si parfois, le rassemblement d’une foule important peut s’avérer problématique et que la police ne peut pas être mobilisée partout et tout le temps, on est en droit de se demander si l’ambiance “pays en état de guerre” lors de certains événements ou à l’entrée d’un magasin (!) n’est pas le symptôme d’une maladie généralisée : l’impossibilité de vivre correctement ensemble, de communiquer simplement.
La dissuasion permanente est-elle un remède à la violence qui couve ? La privatisation de la protection des citoyens serait en quelque sorte une manière de dire aux gens qui se sentent menacés “débrouillez-vous !” et de laisser à une frange “imposante” de la population jalonner nos parcours quotidiens, comme pour nous rappeler que, finalement, la loi du plus fort reste de mise. Partout. Tout le temps.
Vous en avez forcément vu, il y en a partout, ou presque. Des hommes en costumes sombres ou en tenue para-militaire, l’air stressé et forcément sérieux (ils sont payés pour), avec un chien au bout du bras et un talkie-walkie greffé sur l’autre main.
Dans certains entreprises, ils ont même acquis une position confortable, bénéficiant de pouvoirs dignes de cadres : ils font souvent la pluie et le beau temps, et plus seulement dans les soirées VIP parisiennes.
“Ils”, ce sont les agents de sécurité. Une profession qui explose, à tel point qu’il n’est pas rare de trouver désormais des formations initiale dans des établissements scolaires. En 2007, plus de 150 000 postes ont été créés en France.
D’un côté ils font grincer des dents, de l’autre ils rassurent, tout dépend de la sensibilité de chacun. Et de son vécu. Une victime d’agression sur un parking de supermarché verra d’un oeil différent la présence d’un agent de sécurité la prochaine fois qu’elle ira faire ses courses que, par exemple, une personne qui se sera fait remonter publiquement les bretelles un peu brutalement pour avoir emprunté la mauvaise porte à l’entrée d’un magasin...
Côté fiabilité, il y aurait beaucoup de choses à dire. Rien ne vous empêche, demain, d’aller acheter une paire de Rangers, un sweet-shirt noir avec l’inscription blanche “sécurité” dessus, un gros chien bien dressé (c’est cher, mais ça se trouve !) avec une belle muselière en cuir. C’est pourquoi, il est recommandé de ne pas faire aveuglément confiance à un “agent de sécurité” en toute circonstance.
Les agents de sécurité sont-ils ou peuvent-ils être des agents d’accueil ? Grande question, dont la réponse varie d’une entreprise à l’autre : “ce n’est pas notre boulot” disent les uns, alors que d’autres ont compris qu’ils vendaient plus de prestations en incluant une partie “accueil”.
Malheureusement, tout comme il est difficile de demander à une jeune diplômée d’une école d’hôtesse de refouler deux poivrots de 90 kilos à l’entrée d’un salon, il est parfois compliqué d’expliquer à un molosse formé aux sports de combat et partageant son quotidien avec trois bergers belges qu’il est possible de sourire ET de dire bonjour, aux gens qui veulent juste entrer pour passer une soirée quelque part !
Alors, pourquoi cette explosion de “milices privées” (parfois, on n’en est pas loin...) : Accroissement réel de la violence ? Accroissement de la peur de la violence ? Paranoïa généralisée ? “La police ne fait pas son boulot” ?
Starisation de la société (pour donner l’impression qu’un événement est important, il faut déjà commencer par mettre une demi-douzaine de molosses à l’entrée, ça en jette tout de suite !) ?
Même si parfois, le rassemblement d’une foule important peut s’avérer problématique et que la police ne peut pas être mobilisée partout et tout le temps, on est en droit de se demander si l’ambiance “pays en état de guerre” lors de certains événements ou à l’entrée d’un magasin (!) n’est pas le symptôme d’une maladie généralisée : l’impossibilité de vivre correctement ensemble, de communiquer simplement.
La dissuasion permanente est-elle un remède à la violence qui couve ? La privatisation de la protection des citoyens serait en quelque sorte une manière de dire aux gens qui se sentent menacés “débrouillez-vous !” et de laisser à une frange “imposante” de la population jalonner nos parcours quotidiens, comme pour nous rappeler que, finalement, la loi du plus fort reste de mise. Partout. Tout le temps.











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