Les secrets de l'anglais, vol. 3 : vous avez dit «présent» ?!
Écrit par la rédac'
Mercredi, 28 Mars 2012 23:52
Régulièrement, depuis février 2012, Jeunes O'Centre vous propose d'aborder différents points grammaticaux de l'anglais, soit qui vous donnent des sueurs froides, soit qui enlèvent des points aux nombreux élèves un peu trop sûrs d'eux, qui pensent que «croire savoir» et «savoir», ça revient au même...
Pour bien marquer les esprits, on pourrait être un peu extrêmes et dire qu'il est interdit de répondre «au présent», à la question «A quel temps est cette phrase ?». Pour la bonne et simple raison qu'en anglais, il n'y a pas un, ni deux, ni trois, mais au minimum cinq manières de traduire notre présent, qui lui est unique en son genre !
Le présent, donc, malgré ses airs gentils, est un véritable casse-tête qui donne lieu à de nombreuses fautes qu'on a parfois du mal à accepter, tant conjuguer un verbe au présent nous paraît un jeu d'enfants, comme quand on faisait la même chose en CP, dans notre langue maternelle.
Commençons par le plus courant : le présent d'action unique. Quoi ? Qu'est-ce que c'est ? C'est celui qu'on appelle souvent «présent continu», «présent progressif» ou «présent en be + ing». En fait, ces appellations ne nous sont souvent pas d'un grand secours lorsque nous hésitons à le choisir.
L'appellation «présent d'action unique» permet de se souvenir qu'en toutes circonstances, le «be + ing» sert à décrire une ACTION (notion importante, à ne pas confondre avec un état ou une sensation, on y reviendra) et que, autre notion importante qui s'oppose à la généralité ou l'habitude, cette action est UNIQUE !
Tu dors, ou quoi ?! > Are you sleeping or what?!
Tu fais quoi, ce soir ? > hat are you doing tonight? (valeur de futur)
Je lis un super bouquin en ce moment. > I'm reading a very good book at the moment. (Bien qu'au moment où je parle, je fais autre chose...)
Dans les deux derniers, le côté unique est explicité par les complément circonstanciels de temps «ce soir» et «en ce moment»; c'est moins visible dans le premier exemple, qui est pourtant aussi une action unique. Par défaut, c'est-à -dire en l'absence d'un contexte d'habitude ou de généralité clair, une action est généralement unique, donc le «be + ing» s'impose.
Sinon, il faut employer notre ami le présent simple, que nous appellerons «présent de généralité, d'état ou d'habitude», là aussi parce que le mot «simple» ne nous aide pas trop dans notre choix !
Généralité : Italian people eat much pasta.
Habitude : Every morning, I eat toasts.
Etat : They have three children.
A noter que les verbes d'état ne se conjuguent pas en «be + ing» (sauf quelques rares exceptions, lorsqu'ils sont utilisés comme verbes d'action, mais oubliez ça pour l'instant), pour la bonne et simple raison qu'ils ne sont pas des verbes d'action !
Maintenant que nous avons réglé le problème des deux principaux temps du présent, amusons-nous un peu avec trois autres :
Ne bougez pas, je le fais ! > Stay there, I'll do it!
Dans ce cas-là , c'est du «performatif», c'est-à -dire que le fait de le dire entraîne l'action à suivre. Le «will» s'impose. En fait, c'est du futur masqué ! Et comme il n'y a pas d'indicateur de temps, le «be + ing» à valeur de futur est impossible...
Non non ne fuyez pas ! On a presque terminé !
J'habite à Issoudun depuis six ans > I have lived in Issoudun for six years
C'est le fameux syndrome de Depuis. En gros, dès qu'il y a le mot «depuis» (ou ses cousins «ça fait + durée + que» et «il y a + durée + que») dans la phrase française de départ, le présent se traduit par notre vieil ami le «present perfect», dont nous avons déjà parlé dans un épisode précédent de cette série d'articles...
Allez, un dernier pour la route : les verbes de «sensation», c'est-à -dire ceux des cinq sens : to taste (goût), to feel (toucher), to smell (odorat), to hear (ouïe) et to see (vue).
Je sens un truc bizarre > I can smell something strange
Je vois quelqu'un là -bas > I can see somebody there
Pourquoi ce «can» obligatoire, mais que l'on ne traduit pas ? C'est simple : ce n'est pas une action unique, ni un état, ni une habitude, ni une généralité, ni une action que l'on va réaliser dans la foulée de la phrase et il n'y a pas le mot «depuis», donc aucun des choix précédents n'était possible, ah, ah, ah !
A bientôt pour de nouvelles aventures linguistiques...
Approfondir
> Heu, non... on ne voudrait quand même pas abuser, là !